Pas facile la vie d'artiste-peintre
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Martin Bisaillon
Le Journal de Montréal
La route est semée d’embûches pour les artistes québécois avant qu’ils voient leurs oeuvres exposées en galerie ou vendues à gros prix dans les encans.
Pas facile, la vie de peintre. Si 71,6% sont diplômés universitaires, ils ne tirent même pas 10 000$ par an de leur art. Seuls 9% gagnent plus de 30 000$ annuellement.
Voilà ce que révèle la plus récente enquête réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec auprès de 3 207 artistes en arts visuels.
«J’ai vécu partiellement de mon art. Ce n’est même pas dans le salaire minimum. Les artistes sont rarement riches», confie Marcel Saint-Pierre, un peintre en art contemporain dont les toiles sont évaluées jusqu’à 30 000$ et qui a dû enseigner pour joindre les deux bouts.
Mieux morts que vifs
«Malheureusement, il est plus facile de vendre les oeuvres d’un artiste décédé que ceux d’un artiste vivant», constate Éric Devlin, propriétaire de la galerie du même nom.
«À une certaine époque, je peinais à vendre des Molinari, alors que depuis sa mort, je ne suffis plus à la demande», dit-il.
Au-delà de la morbidité, il y a six critères principaux pour évaluer un tableau : l’artiste, la période de création, le format, le sujet, l’état de conservation et la provenance.
«Si le tableau est passé dans des grandes familles ou dans des grands musées, cela ajoute à la valeur de son pedigree», explique Tania Poggione, de la maison Heffel.
«La seule façon d’établir le prix d’une oeuvre, c’est par des comparables. D’où l’importance de la vente aux enchères qui est le parquet de la Bourse de l’art», poursuit Paul Maréchal.
La gérance
Avant d’atteindre les encans, les oeuvres doivent être vendues une première fois en galerie.
Gérer une galerie, c’est se constituer une écurie, comme un agent d’artistes. Mais il faut savoir choisir les bons poulains.
Gilles Brown, propriétaire-fondateur de la galerie Clarence-Gagnon à Outremont, est très sélectif quand vient le temps de travailler avec un nouveau peintre.
«Il faut qu’il ait débuté jeune, qu’il possède une bonne formation académique, qu’il se démarque par son propre style et qu’il soit un témoin de son époque», précise celui qui a lancé la peintre Johanne Corneau.
«Un peintre vivant qui peint des carrioles ne vaut rien», tonne le galeriste, qui est également vice-président de l’Association des galeries d’art professionnelles du Québec. Il y a près de 400 galeries d’art au Québec, dont le chiffre d’affaires oscille de 300 000$ à 1,5M$ par an.



