Réforme du périmètre comptable: danger pour l'équilibre?
Géraldine Martin
Le Journal de Montréal
QUÉBEC - Le gouvernement du Québec veut procéder à une réforme majeure de sa comptabilité.
«Je veux que les Québécois aient confiance dans la manière dont nous gérons leur argent», a indiqué la ministre des Finances et présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget.
Pour cela, le gouvernement a décidé de créer un comité de travail formé de représentants du ministère des Finances et du Vérificateur général du Québec, qui a régulièrement critiqué la comptabilité des administrations publiques au Québec.
«Je prends les critiques du Vérificateur général au sérieux et j’agis en conséquence», a-t-elle indiqué.
La ministre a expliqué que le gouvernement respecte les conventions comptables en vigueur depuis la réforme de 1998. Mais celles-ci ont évolué au fil du temps, et il faut s’ajuster, a-t-elle dit.
Déficit zéro
La ministre a notamment indiqué que les comptes des commissions scolaires, des cégeps et des hôpitaux seront intégrés au périmètre comptable du gouvernement.
Comme les hôpitaux affichent des déficits, le maintien du déficit zéro pourrait-il devenir problématique ?
La ministre n’a pas répondu directement à la question, préférant rassurer en disant que, dans tous les cas, elle ne réduirait pas les services.
«Les universités ne sont pas incluses», a par ailleurs souligné François Legault, critique en matière de finances pour le Parti Québécois, qui estime que ce budget «manque de vision» dans l’ensemble.
«Nous allons examiner cette intégration», a toutefois ajouté Mme Jérôme-Forget, rappelant qu’il fallait laisser le temps au comité de travailler sur la question.
Sociétés d’État scrutées dès 2007
Par ailleurs, on a appris que les comptes de la Société des alcools et de la Société générale de financement seront covérifiés pour la première fois de leur histoire par le Vérificateur général, et ce, dès 2007-2008. Jusqu’à présent, ils étaient vérifiés par des sociétés privées uniquement.
On savait depuis l’automne dernier que les états financiers des sept principales sociétés d’État, y compris la Caisse de dépôt et placement du Québec, allaient être scrutés par le Vérificateur général, mais il n’y avait pas de calendrier d’établi.
«Je vais faire en sorte que l’administration publique québécoise devienne un exemple de transparence», a conclu la ministre.


