Les faveurs de Vincent Lacroix à sa famille
À lire également:
Lacroix avait engagé une firme de sécurité
En vidéo, écoutez le reportage du journaliste Alain Laforest
Alain Bisson
Le Journal de Montréal
Vincent Lacroix avait de grandes ambitions de croissance pour Norbourg, mais sa garde rapprochée était restreinte et très familiale.
Le premier fournisseur de services de l’entreprise était nul autre que le père de M. Lacroix, Donald, par le biais de la société Les Productions Cime, a indiqué hier le principal témoin de la poursuite, François Filion, à l’occasion du procès pénal de l’ex-président de Norbourg au palais de justice de Montréal.
De janvier 2000 à juillet 2005, Norbourg a versé plus de 2,5M$ à la société du paternel Lacroix pour des services de production audiovisuelle, de publicité et d’organisation d’événements, a déclaré M. Filion lors de son interrogatoire par Me Éric Downs, l’avocat représentant l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Un des oncles de Vincent Lacroix, Robert Simoneau, a également eu droit à une large part du volume d’affaires donné par Norbourg, a ajouté M. Filion.
Sa firme, Ventilation R.S., a reçu pour 671 549 $ de contrats au fil des ans et figure au troisième rang des fournisseurs les plus importants de Norbourg, selon les documents saisis en août 2005 et présentés au juge Claude Leblond, de la Cour du Québec.
On savait déjà que le fils de M. Simoneau et cousin de Vincent Lacroix, David, travaillait pour Norbourg. Avec M. Lacroix, il était le signataire des retraits irréguliers totalisant 115,3 M$ effectués à même les fonds Norbourg et Évolution, a raconté le témoin Filion au cours des derniers jours.
David Simoneau figurait sur la liste de paie du Groupe Norbourg et aurait reçu près de 262 800$ de rémunération, d’après le sommaire des débours déposé en cours mardi. La sœur de Vincent Lacroix, Stéphanie, était aussi à l’emploi de Norbourg et a empoché plus de 241 110$ pour ses services, selon le même document.
Un prêt de 145 000$
Mme Lacroix a en outre obtenu l’aide de son frère — un prêt de 145 000$ — pour l’acquisition d’une maison dans le Canton de Magog, a témoigné l’expert comptable François Filion.
Le conjoint de Mme Lacroix, David Cloutier, était coacheteur de cette maison et il travaillait pour Norbourg.
D’autres noms reviennent régulièrement dans la fulgurante mais courte histoire de Norbourg présentée en cour.
C’est le cas de Robert Duval, qui était un des actionnaires de Groupe Futur, la première firme liée au domaine du placement acquise par Norbourg, en avril 2003, pour 1,7M$. M. Duval a par ailleurs encaissé 603 000$ en septembre 2003 pour la vente de sa clientèle et une autre somme de 40 000$ pour laquelle les enquêteurs de l’AMF n’ont pas réussi à établir le motif, a ajouté le juricomptable Filion.
De plus, en février 2004, une des sociétés de M. Duval, Groupe Planures Nord-Ouest, un producteur de litières pour chevaux, a reçu des prêts totalisant 3,3M$ prélevés dans un compte personnel de Vincent Lacroix, dans un compte « fantôme » de Norbourg Gestion d’actifs et dans un autre de Norbourg International, a dit François Filion.
M. Duval était visé à titre d’intimé dans la première version d’un recours collectif, comme d’autres représentants en épargne collective liés à Norbourg, mais son nom a été biffé de la poursuite après coup.


