Olymel manque de main-d'oeuvre en Alberta
Yvon Laprade
Le Journal de Montréal
Le boom économique sans précédent en Alberta frappe de plein fouet la coopérative québécoise Olymel, qui fait face à une sérieuse pénurie de main-d’œuvre à son usine de porc de Red Deer.
«On ne manque pas de cochons en Alberta. On manque plutôt de travailleurs !», constate avec ironie le vice-président principal d’Olymel, Paul Beauchamp.
L’usine de Red Deer — à mi-chemin entre Edmonton et Calgary — fait l’abattage de 45 000 porcs par semaine et emploie 1200 travailleurs.
Elle tourne à 50% de sa capacité (90 000 porcs par semaine) depuis un an, faute de travailleurs pour soutenir la demande.
Le nombre de travailleurs à l’usine a même diminué depuis un an, non pas en raison de mises à pied mais plutôt parce qu’une partie de la main-d’œuvre est allée se trouver un emploi (plus payant) dans une autre entreprise albertaine.
«C’est la réalité de l’Alberta, où il n’y a pas de chômage et où un journalier peut se payer le luxe d’aller offrir ses services dans huit entreprises de son choix», observe Paul Beauchamp.
Mais cette réalité a un prix, cher à payer, pour Olymel: l’usine de Red Deer ne tourne plus que sur un quart de travail, plutôt que sur deux.
«On voudrait bien rétablir le deuxième quart, mais il faudra d’ici là recruter des employés», concède le vice-président.
À titre de comparaison, l’usine de Vallée-Jonction, dans la Beauce, tourne sur deux quarts et sa capacité maximale d’abattage est de 37 500 porcs par semaine. L’usine emploie 1200 travailleurs.
Travailleurs immigrants
Le problème de main-d’œuvre est à ce point préoccupant en Alberta qu’Olymel a décidé d’intensifier son programme de recrutement de travailleurs immigrants.
«On va en embaucher 400 au cours des prochains mois. On en accueille 25 toutes les 3 semaines. On espère qu’ils vont bien s’acclimater», ajoute-t-il.
Les travailleurs arrivent avec un visa de travail de deux ans de la Russie, des Philippines, du Vietnam et du Salvador.
Pour ajouter aux problèmes de ressources humaines, la coopérative a également du mal à retenir ses propres employés.
«On a un taux de roulement qui varie de 25 à 40%. C’est considérable. Il y a de nos employés qui ne restent pas longtemps à notre usine de Red Deer. On fait des miracles pour retenir nos employés», observe Paul Beauchamp.
Il précise que la question des salaires ne joue pas nécessairement en défaveur d’Olymel.
«On verse des salaires compétitifs, en ligne avec ce qui se fait en Amérique du Nord chez nos concurrents», précise-t-il.
Salaires au Québec
À Red Deer, par exemple, Olymel verse un salaire horaire moyen (avec avantages sociaux) de 21,20$.
C’est légèrement plus élevé que le taux horaire de 20,28$ (avec avantages) qui a été renégocié entre Olymel et le syndicat (CSN) de l’usine de Vallée-Jonction, près de Québec, il y a quelques mois.
Rappelons toutefois qu’Olymel a réduit les salaires de 30% au cours de la dernière négociation, ce qui a obligé les travailleurs beaucerons à faire des choix déchirants.
Olymel a également fermé des usines (Saint-Valérien et Saint-Simon) pour réduire ses coûts.
«On a connu des mouvements importants au cours des deux ou trois dernières années. Mais tout cela est terminé: les bénéfices vont se faire sentir vers la fin de 2007 ou le début de 2008.
«On a réduit nos pertes, et les résultats s’améliorent», ajoute le vice-président. Il se garde toutefois de chiffrer les rendements de la coopérative.


