Voici le maître spéculateur de eBay
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Jean-Michel Nahas
Le Journal de Montréal
Oubliez le marché de l’art, l’immobilier ou la Bourse. Pour faire fructifier son investissement, le spéculateur «nouveau genre» Normand Dumoulin achète toutes sortes de marchandises inusitées à faible coût pour les revendre à prix d’or sur eBay.
Avant de jeter à la poubelle vos vieux billets de spectacle ou votre album de finissants du secondaire, pensez-y car ces objets apparemment inutiles pourraient fort bien vous rapporter plusieurs dollars sur le site eBay.
C’est du moins la stratégie inhabituelle de Normand Dumoulin, grâce à laquelle ce spéculateur du XXIe siècle a amassé des dizaines de milliers de dollars.
«Il n’y a pas de limites à ce qui peut se vendre, raconte l’homme de 49 ans. Tu vois cet album de finissants de 1965 ? Je l’ai acheté 7$. Si je retrouve un finissant de cet album, il me donnera peut-être 30$ pour.»
Des ventes du genre, Normand Dumoulin en a réalisé des centaines, lui qui totalise plus de 1700 transactions sur eBay depuis 7 ans.
La piqûre
C’est lors d’un voyage à Bruxelles en 1982, où se tiennent chaque semaine de grandes brocantes, que M. Dumoulin a eu la piqûre pour la collection. Depuis, sa passion n’a cessé de croître, de même que sa connaissance de ce marché.
Il y a un an, le Montréalais a quitté un excellent emploi dans une compagnie pharmaceutique pour lancer sa propre entreprise de consultation dans le domaine de la santé. Il songeait aussi à se consacrer entièrement à ses activités commerciales.
«Je me considère de plus en plus comme un spéculateur nouveau genre, mais il me manque encore le guts pour en faire mon travail à temps plein », dit-il. Passionné par les collections de tout genre — il a plus de un million de cartes de hockey —, Normand Dumoulin passe une vingtaine d’heures par semaine à se documenter sur ses ventes ou achats futurs.
Pas de chance
«Il n’y a pas de chance là-dedans, dit-il. Pour battre le marché, il faut bien le connaître et savoir ce que les gens veulent vraiment.
«Par exemple, poursuit-il, les baby-boomers sont des clients parfaits pour tout ce qui leur rappelle leur passé et les rend nostalgiques. Pour moi, un presse-papiers d’origine ou un jouet ancien ne sont d’aucun intérêt, mais il y a toujours un client qui est prêt à payer.»
Le truc ultime consiste à acheter au prix minimal. Ainsi, un bouton de manchette payé 2$ dans un marché aux puces peut facilement se vendre une dizaine de dollars sur eBay pour un collectionneur.
«Les gens rient parfois de moi, mais je vais peut-être un jour vivre de mes ventes. Et en plus, j’ai tellement de plaisir à faire ça. C’est ma vraie passion.»

