Le vendredi 10 février 2012

Les agents immobiliers demandent la création d'un registre

26 avril 2007 | 06h10
Mise à jour: 26 avril 2007 | 11h44
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 Journal de Montréal

En vidéo, écoutez les commentaires de Me Robert Nadeau, président et chef de la direction de l’ACAIQ.

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Agente radiée pour avoir vendu des résidences de cannabis

Martin Bisaillon
Le Journal de Montréal

Des dizaines d’agents immobiliers sont toujours impliqués dans la vente ou l’achat de maisons de cannabis, révèle l’Association des courtiers et agents immobiliers du Québec (ACAIQ).

Depuis le début de l’année, huit agents d’immeubles reliés au phénomène des maisons de cannabis ont été accusés ou reconnus coupables d’avoir dérogé à leur code d’éthique par le comité de discipline du syndic de l’ACAIQ.

En outre, 53 agents font en ce moment l’objet d’une enquête relativement à ces transactions illicites.

«Il y a des milliers de maisons qui servent à la culture du cannabis», déplore Me Robert Nadeau, président et chef de la direction de l’ACAIQ.

À cet égard, les statistiques de 2006 sont éloquentes. L’an dernier, la Sûreté du Québec a saisi près de 230 000 plants de pot dans des résidences, soit près du tiers de la production totale du Québec.

De son côté, la police de Montréal a effectué des perquisitions dans 153 demeures abritant des plantations de cannabis pour la même période.

Un registre national

Dans le but d’éviter les transactions douteuses relatives à ces maisons contaminées, l’ACAIQ implore le gouvernement de mettre sur pied un registre des résidences perquisitionnées où des plantations de pot ont été trouvées.

«Nous désirons un registre pour protéger tous les intervenants de l’industrie: les acheteurs, les notaires, les institutions financières et nos courtiers», explique Me Nadeau.

Ça fait plus d’un an que l’ACAIQ tente vainement d’obtenir la création de cette base de données. Une rencontre avec un sous-ministre de la Sécurité publique a eu lieu avant Noël, mais depuis la tenue des élections provinciales, rien n’a bougé du côté de Québec.

«Ce que l’on dit, c’est que c’est un problème de santé publique et de dégradation d’immeubles. On va relancer le lobby et nos conseillers sont à l’oeuvre», dit Me Nadeau.

Graves conséquences

«Après trois ans de culture, j’ai vu des maisons perdre jusqu’à 45 000$ de leur valeur simplement à cause du tort causé par l’humidité des plantations.

Dans certains cas, il vaut mieux les démolir carrément», raconte Germain Fréchette, ingénieur et témoin expert au tribunal.

D’après le Bureau d’assurance du Canada, le coût moyen d’une décontamination est de 40 000$.

Les recours sont peu nombreux pour ceux qui ont acheté une demeure contaminée. Ils peuvent poursuivre leur vendeur mais bien souvent, cela s’avère difficile. Dans certains cas, le vendeur est écroué et sans le sou ou il avait loué la maison à des tiers qui ont disparu dans la nature.

En dernier recours, les victimes de ces transactions frauduleuses peuvent demander une indemnité au Fonds du courtage immobilier, qui peut rembourser leurs pertes jusqu’à concurrence de 15 000$.

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