Le ciel se dégage pour la Banque Laurentienne
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Géraldine Martin
Le Journal de Montréal
Longtemps délaissée, l'action de la Banque Laurentienne (LB) reprend du poil de la bête.
Depuis la fin de son exercice financier, le 31 octobre 2006, la Banque Laurentienne a vu son action progresser de 15%. À titre de comparaison, le sous-indice de la finance à la Bourse de Toronto a avancé de 11% au cours de la même période.
L'engouement coïncide avec la publication de résultats financiers meilleurs que prévu qui ont conduit plusieurs analystes à relever leurs prévisions de profits sur l'institution financière.
À son premier trimestre, la Banque Laurentienne a dégagé un profit par action de 70 cents, soit 6 cents de plus que les prévisions.
«Les profits sont de grande qualité», juge Kevin Choquette, de Scotia Capital.
«La robustesse des profits d'exploitation découle de l'amélioration de la marge nette d'intérêt et d'une solide croissance des revenus», explique-t-il.
La marge nette d'intérêt représente l'écart entre le taux d'intérêt qu'une institution financière prélève sur les prêts qu'elle consent à ses clients et le taux qu'elle verse sur les dépôts de ses clients. En général, plus la concurrence est féroce, plus il est difficile pour les institutions de maintenir cette marge.
Des prêts douteux en baisse
Un autre élément a retenu l'attention de Sumit Malhotra, de Genuity Capital: «Le niveau des prêts douteux a chuté de 15% dans le secteur des entreprises au premier trimestre par rapport au précédent.»
En clair, la banque considère qu'il y a moins d'entreprises qui sont susceptibles de ne pas rembourser leurs emprunts.
C'est une bonne nouvelle, selon M. Malhotra, car la banque avait la réputation de détenir un portefeuille risqué, ce qui pesait d'ailleurs sur la valeur de l'action à la Bourse, croit-il.
Le retard de l'action en 2006 concernait davantage l'exposition de la banque à certaines industries dans l'économie québécoise que la croissance des profits», précise-t-il.
De la vulnérabilité
Michael Goldberg, de Valeurs mobilières Desjardins, met toutefois en garde les investisseurs contre la récente montée du titre.
«Le prix de l'action est maintenant étiré et vulnérable, dit-il, spécialement si les résultats du deuxième trimestre sont décevants. L'analyste rappelle que le prochain trimestre est traditionnellement le plus faible.»
Il rappelle aussi que le rendement de l'avoir des actionnaires est faible. (Ce ratio mesure le rendement qu'obtiennent les actionnaires en retour de leur investissement dans une entreprise.)
«La banque a toujours un objectif entre 8 et 9% pour 2007», souligne-t-il.
Il faut comprendre que ce ratio tourne plutôt autour de 20% chez les autres grandes institutions canadiennes.
Lors de l'assemblée annuelle des actionnaires, Réjean Robitaille, le nouveau président et chef de la direction de la Laurentienne, a précisé qu'il visait au moins 10% d'ici à 18 ou 24 mois.


