Le samedi 21 novembre 2009

Un chauffeur de taxi fait circuler une pétition pour l'ONU

21 mars 2007 | 06h58
Webfin ARGENT | ARGENT 
 

Martin Bisaillon
Le Journal de Montréal

Un chauffeur de taxi a entrepris de faire signer une pétition dans le but de dénoncer le fisc et le Bureau du taxi de Montréal à la Commission des droits de l’homme de l’ONU.

Un dossier paru dans le Journal il y a deux semaines rapportait que les chauffeurs de taxi de Montréal, Québec, Longueuil et Laval étaient dans la mire de l’Agence du revenu du Canada.-

Dans certains cas, apprenait-on, l’agence fédérale avait eu accès à des rapports d’inspection de voitures taxis pour calculer des avis de cotisation allant jusqu’à 100 000$.

Ces révélations ont fait bondir Larbi Mohammed Zouaimia, un chauffeur-propriétaire de la métropole. Ce dernier a lancé une ambitieuse pétition - par courriel - pour neutraliser le fisc et le Bureau du taxi de Montréal.

«Le Bureau du taxi a envoyé des kilométrages imprécis au ministère du Revenu. Ce n’est pas son mandat, je conteste cette pratique», accuse celui qui sillonne les rues de Montréal depuis huit ans.

Affirmant qu’une telle manière de faire n’existe pas à l’extérieur de nos frontières et qu’elle porte atteinte aux droits socio-économiques des chauffeurs, l’homme de 46 ans a décidé d’adresser sa pétition directement à l’ONU.

En compagnie de 4 collègues, il affirme en avoir distribué 1 000 exemplaires depuis vendredi. «J’ai reçu environ 450 signatures par courriel. Je serais heureux si 3 000 chauffeurs signaient.»

Pas impressionnés

Au Bureau du taxi de Montréal, l’initiative de M. Zouaimia n’empêche personne de dormir, d’autant plus que sa prémisse est réfutée.

«Notre job est de protéger les citoyens de Montréal et de veiller à l’application de la réglementation. Nous ne sommes pas là pour être populaires. On ne transmet jamais d’information au gouvernement», réagit Richard Leblanc, de l’organisme municipal.

«Il faut comprendre que les chauffeurs de taxi sont frustrés en ce moment», explique Mario Sabourin, président de Travailleurs autonomes du Québec, section taxi.

«J’ai demandé à ce que M. Zouaimia communique avec moi. On va trouver des solutions aux problèmes des chauffeurs avec le fisc mais je ne pense pas qu’une pétition à l’ONU soit la solution», poursuit-il.

Et s’il parvenait, grâce à sa pétition, à faire fléchir le gouvernement, M. Zouaimia renoncerait-il à porter le dossier devant l’ONU ?

«Quelle que soit l’attitude du ministère du Revenu, je vais envoyer la pétition. C’est une démarche citoyenne», promet-il.

Recherche
Les plus populaires