Le jeudi 9 septembre 2010

Délogée, la FTQ rêve maintenant d'un syndicat unique

19 mars 2007 | 07h01
Mise à jour: 19 mars 2007 | 15h38
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Jocelyn Dupuis Journal de Montréal

En vidéo, les explications du directeur général de la FTQ construction Jocelyn Dupuis.

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Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

Un seul et unique syndicat pour représenter les 138 000 travailleurs de l’industrie de la construction: tel est le rêve ambitieux que caresse le directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis.

«C’est le projet que je veux réaliser avant de prendre ma retraite. Je rêve d’un syndicat unique. Si j’y parviens, j’aurai le sentiment du devoir accompli», confie le leader syndical en entrevue au Journal de Montréal.

Jocelyn Dupuis, 52 ans, dirige le plus important syndicat de l’industrie. La FTQ-Construction, avec un poids de 43,9%, représente 65 000 travailleurs. Elle a amélioré son score de 2,4% lors du maraudage de juin 2006.

Il croit dur comme fer que les travailleurs de la construction «seraient mieux servis» s’ils faisaient partie d’«un seul syndicat solide».

«Moi, je dis aux travailleurs : Regroupez-vous au sein d’une seule association si vous voulez vous donner une force véritable.

«Mais de la façon dont je vois les choses actuellement, c’est qu’avec cinq syndicats, le mouvement syndical est divisé. Ça fait l’affaire des patrons de l’industrie, qui savent très bien que chaque syndicat a une façon bien à lui de voir les choses et de négocier», explique le leader syndical, reconnu pour ses prises de position tranchées et tranchantes.

Une négociation

Or, pour la première fois en 30 ans, la FTQ-Construction est écartée de l’importante négociation en vue du renouvellement de la convention collective des travailleurs de l’industrie de la construction (voir autre texte).

Le syndicat s’est fait «tasser» par trois syndicats (CSN-Construction, CSD-Construction et Conseil provincial du Québec des métiers de la construction — International). Ceux-ci ont formé une alliance, ce qui leur a permis de parler au nom de 51% des travailleurs de l’industrie.

La FTQ-Construction, avec 43,9% des membres, a vu le tapis lui glisser sous les pieds, compte tenu qu’il lui aurait fallu représenter 50% des travailleurs pour négocier. Un autre syndicat, le Syndicat québécois de la construction, joue un rôle effacé avec 4,5% des membres.

Pas assez vite

Mais s’il faut en croire l’analyse de Jocelyn Dupuis, qui se trouvait en vacances en Californie au moment de l’entrevue, la négociation en cours pour signer la prochaine convention collective, qui expire le 30 avril, «n’avance pas assez vite» à son goût.

«Je crois comprendre qu’il y a trop de points de vue différents à la table. Les trois syndicats de l’alliance ne parlent pas tous le même langage», suggère-t-il.

Il ne cache pas que la FTQ-Construction n’a pas soumis ses demandes aux négociateurs de l’alliance.

«Ça ne sert à rien de le faire puisqu’ils font de la négociation de corridors, dans notre dos… Il faudra voir comment ils vont s’en sortir face aux patrons», insinue-t-il.

- La convention collective des travailleurs de la construction expire le 30 avril 2007.

- Les syndicats de l’alliance réclameraient des hausses salariales (tenant compte des avantages sociaux) de 15 à 20% sur trois ans. - Les patrons de l’industrie voudraient limiter les augmentations à moins de 7% sur trois ans.

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