Jeux vidéos: le Québec pourra-t-il battre la France?
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Géraldine Martin
Le Journal de Montréal
Le Québec risque d’avoir de la concurrence dans le secteur du jeu vidéo. Après avoir perdu des centaines d’emplois au profit notamment de la Belle Province, la France riposte en adoptant à son tour un crédit d’impôt pour soutenir sur son territoire les entreprises qui développent des jeux vidéo.
Les députés français ont adopté la mesure le 1er février dernier. Celle-ci devrait entrer en vigueur en janvier 2008. À Investissement Québec, qui gère le crédit d’impôt remboursable pour les entreprises du secteur multimédia, on n’est pas inquiet.
«C’est beaucoup moins généreux», affirme la porte-parole Josée Béland en parlant non seulement du programme français mais aussi des aides offertes en Ontario, en Nouvelle-Écosse ou encore en Irlande.
Au ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, on ne se prononce pas pour le moment. «Le dossier est à l’étude», a seulement indiqué la porte-parole France Verrette.
Au Québec, le crédit d’impôt qui permet de rembourser une partie des salaires couvre jusqu’à 37,5% des coûts de main-d’oeuvre admissibles.
En France, le pourcentage atteint au maximum 20%. Le crédit est aussi limité à 3 millions d’euros par entreprise (soit 4,6M$).
D’autres mesures à venir ?
À court terme, Guillaume de Fondaumière, président de l’Association des producteurs d’oeuvres multimédias (en France), admet que l’aide québécoise est plus généreuse. Mais à plus long terme, rien n’est moins sûr.
«Le crédit d’impôt français est le prélude à une série de mesures qui devraient voir le jour au cours des prochaines années», affirme-t-il.
«J’ai bon espoir que mes collègues allemands et britanniques nous emboîtent le pas», dit celui qui milite pour que l’Union européenne se dote d’une véritable politique dans le secteur du jeu vidéo.
«Ça prendra peut-être plusieurs années mais on va y arriver!» affirme-t-il.
Concurrence féroce
En tout cas, la France compte redevenir un joueur de taille dans le domaine.
«L’industrie française des jeux vidéo doit pouvoir reprendre sa place de premier rang», indique les textes de loi de l’Assemblée nationale française.
La France, avec des entreprises comme Softimage, était une pionnière en matière de jeux vidéo au début des années 1980.
Mais en raison de la concurrence provenant principalement de la Chine, des États-Unis et du Canada, le secteur est rapidement tombé en crise. En 6 ans, 70% des emplois dans la production de jeux ont disparu.
«On est passé de 5 000 développeurs en 2 000 à 1 500 aujourd’hui», dit M. de Fondaumière.
Au Québec, c’est tout l’inverse.
Depuis le début de la décennie, la Belle Province est devenue l’un des plus grands pôles technologiques du monde dans le secteur du jeu vidéo.
L’industrie compte plus de 70 entreprises. Il y a notamment 40 studios de développement, qui emploient plus de 2 700 personnes.
- En juin 2003, le crédit d’impôt remboursable à la production de titres multimédias a été réduit de 50 % à 37,5 %.



