Le samedi 21 novembre 2009

Le prix du permis atteint 230 000$

1 mars 2007 | 07h15
Mise à jour: 1 mars 2007 | 14h17
Webfin ARGENT | ARGENT 
 

En vidéo, les explications du chauffeur de taxi et propriétaire de trois licences, Daniel Bossé.

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Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

230 000$. Voilà le prix qu'il faut payer en mars 2007 pour être «entrepreneur» dans l'industrie du taxi à Montréal.

«On assiste depuis cinq ans à une explosion du prix des permis», constate en entrevue au Journal de Montréal le directeur général du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT), Daniel Bouchard.

Le prix d'un permis, selon nos informations, est passé de 140 000$ en 2002 à environ 230 000$, en 2007.

«On ne serait pas étonné de voir les prix gonfler à 250 000$ au cours des prochains mois», précise le directeur général.

Il y a 15 ans à peine, un permis de taxi valait la modique somme de 25 000$.

Daniel Bouchard croit toutefois savoir que cette bulle «mobilière» tire à sa fin. «Les prix vont bientôt se stabiliser. On approche du sommet», ajoute-t-il.

Mais comment expliquer cette montée des prix pour un permis de taxi?

«Les prix étaient en dessous de la moyenne canadienne, il y a cinq-six ans. Il y avait du rattrapage à faire», souligne Daniel Bouchard.

Prêts sur 10 ans

Il y a toutefois une autre explication, plus financière celle-là : depuis quelques années, il est plus facile d'emprunter pour devenir entrepreneur à son compte dans l'industrie du taxi.

Un chauffeur qui achète un permis peut faire un emprunt sur une période de 10 ans auprès d'une institution financière (les caisses populaires, principalement).

C'est toutefois l'arrivée de FinTaxi (Fonds de solidarité FTQ) qui a changé la donne en matière de financement des permis de taxi.

«Nous avons consenti des prêts d'environ 50 M$ (depuis trois ans) aux acheteurs de permis. Nous sommes en ligne avec les objectifs que nous nous sommes fixés au départ», souligne Serge Mâsse, PDG de FinTaxi.

La création de FinTaxi n'a toutefois pas éliminé la présence des prêteurs privés, qui exigent des taux usuraires aux emprunteurs.

«Mais les pratiques sont plus saines dans ce domaine. Les chauffeurs savent qu'ils peuvent cogner à notre porte pour un prêt s'ils se qualifient», ajoute le PDG.

Il considère toutefois que le prix des permis est «beaucoup trop élevé» compte tenu de sa valeur économique véritable.

«On croit que 150-160 000$ serait un prix plus juste. Au-dessus de 200 000$, il n'y a plus de valeur sur l'investissement», évalue-t-il.

Mais une seule «pratique» n'a pas changé dans le taxi : les permis continuent de se vendre dans la rue, par références. Une affaire qui se règle généralement en moins d'une demi-heure !

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