Le lundi 13 février 2012

4000 employés de Desjardins veulent la fin de la paye au rendement

20 février 2007 | 06h20
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En vidéo, les explications de Roger Samuel, conseiller syndical.

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Géraldine Martin
Le Journal de Montréal

Près de 4 000 employés du Mouvement Desjardins réclament l’abolition de leur mode de rémunération basé sur le rendement, un système mis en place en 2003 qu’ils jugent mal conçu et trop stressant.

«Il y a des gens qui ont quitté leur poste, et le taux d’absentéisme a progressé», a constaté Roger Samuel, conseiller syndical au Syndicat des employés professionnels et de bureau - Québec (section locale 575, FTQ), qui représente des secrétaires, des conseillers en placement ou encore des planificateurs financiers chez Desjardins.

Devant ce constat et dans le cadre du renouvellement des conventions collectives des caisses, le syndicat a demandé à la direction de supprimer le système de rémunération basé sur le rendement.

Celui-ci prévoit le versement de primes si le conseiller atteint des objectifs quantitatifs et qualitatifs.

Objectifs changés en cours de route

Concrètement, le conseiller doit vendre un certain nombre de produits financiers par an comme des cartes de crédit, des hypothèques.

Selon M. Samuel, la fixation de cet objectif n’est pas claire. «Certains gestionnaires changent les objectifs en cours de route. Si c’est trop facile, ils les relèvent.

«Parfois, les objectifs sont irréalistes, ajoute-t-il. Ça démotive et stresse les gens.»

Le conseiller financier est aussi évalué sur son attitude, sa collaboration au travail.

«Cet objectif est trop subjectif, estime M. Samuel. Si tu parles trop en réunion, par exemple, on peut penser que tu critiques». Dans ce cas, la «collaboration» n’est pas jugée positive, et les objectifs qualitatifs ne sont pas atteints.

Problème d’éthique ? Dans ces conditions, le client est-il bien servi ? se demande aussi M. Samuel.

Sur ce point, le syndicat enquête. Il a toutefois constaté certaines anomalies.

Exemple : On est fin décembre. Le conseiller en placement a atteint ses objectifs. Il est donc certain d’obtenir sa hausse de salaire. Un client arrive et lui demande de faire une transaction comme, par exemple, acheter un REER. Au lieu de la faire immédiatement, le conseiller va attendre début janvier pour que son année débute bien.

Bref, le syndicat croit que le système n’est pas adapté à Desjardins.

«Desjardins est une entreprise qui a été fondée pour donner des chances égales à tous. On essaie d’implanter un régime de grande entreprise dans une coopérative qui n’a pas le contrôle sur l’application», dit-il.

- Le Mouvement Desjardins compte plus de 39 000 employés, 5,4 millions de membres et 568 caisses au Québec et en Ontario.

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