Qu'en pensent les experts?
Jean-Michel Nahas
Le Journal de Montréal
Plusieurs experts approuvent le vote des internautes qui proclament Alphonse Desjardins plus grand bâtisseur de l’histoire économique du Québec.
La grande majorité des spécialistes consultés estiment qu’Alphonse Desjardins a été le plus grand entrepreneur de la province.
«Les caisses ont rendu le crédit accessible à tous, même dans les régions éloignées du Québec», souligne Luc Bélanger-Martin, chargé de formation en management à HEC Montréal.
«Desjardins a créé quelque chose d’unique, qui n’existait pas sur le marché et qui pourrait demeurer actif pour les 100 prochaines années», croit pour sa part Vincent Sabourin, professeur de stratégies des affaires à l’UQAM.
Selon le spécialiste, trois critères peuvent être utilisés pour juger l’excellence d’une entreprise, soit la durée de vie de la compagnie, l’impact pour les citoyens et l’originalité du projet.
«Avec ces trois critères, c’est Alphonse Desjardins qui a été le meilleur, croit M. Sabourin. Son entreprise a fait ses preuves, en plus de survivre à une restructuration.»
Le Cirque du Soleil, «réussite monétaire et financière»
Beaucoup d’experts croient aussi que Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil, a une place très spéciale dans l’économie québécoise.
«C’est un excellent exemple de réussite artistique et monétaire», dit la professeure agrégée en management à HEC, Veronika Kisfalvi.
Professeur agrégé d’entrepreneuriat à l’Université de Sherbrooke, Jacques Baronet insiste sur l’importance du Cirque du Soleil pour la visibilité du Québec.
«Guy Laliberté a eu un impact énorme car il a mis le Québec sur la mappe, dit-il. C’est un génie de créativité dans son domaine.»
Paul Desmarais et Bombardier
Un spécialiste interrogé a aussi identifié Paul Desmarais, de Power Corporation, comme le plus grand bâtisseur québécois.
«C’est le seul qui a eu une vision et qui l’a développée lui-même, soutient Louis Hébert, professeur titulaire de management à HEC. M. Bombardier a eu une très bonne idée, mais c’est son gendre qui a bâti l’entreprise.»
Veronika Kisfalvi a, pour sa part, hésité longuement entre Joseph-Armand Bombardier et Guy Laliberté. Elle a finalement choisi le créateur du Cirque du Soleil, en raison de l’avenir prometteur de sa compagnie.
«Le Cirque fonctionne très bien, mais Bombardier semble avoir des problèmes actuellement», affirme la professeure.



