Plusieurs émissions de Radio-Canada sont menacées
Plusieurs émissions de télévision prévues cet automne et cet hiver à Radio-Canada sont carrément menacées si la crise au Fonds canadien de télévision ne se règle pas le plus rapidement possible.
C'est ce qu'a indiqué au Devoir, lundi, le directeur des programmes de Radio-Canada, Mario Clément, en marge d'une rencontre de presse qui portait sur la nouvelle série La Galère.
Il explique qu'il faut obtenir une confirmation des sommes disponibles d'ici mars pour commencer la pré-production en avril et effectuer les tournages au printemps et cet été.
Radio-Canada possède une seule série dramatique en réserve et prête à être diffusée, Belle Baie. La production de tous les autres titres, comme Les Hauts et les bas de Sophie Paquin ou Tout sur moi, doit commencer au plus vite, d'après lui.
De plus, des émissions comme Infoman ou Et Dieu créa Laflaque utilisent également les sommes du FCT, et pourraient être menacées, rapporte la Presse Canadienne.
Depuis que les distributeurs Shaw (SJR.B) et Vidéotron (QBR.B)ont annoncé qu'ils cessaient leurs paiements au FCT, pour protester contre les règles de l'organisme, le FCT a confirmé qu'il continuerait à accorder son financement aux productions admissibles d'ici à la fin de l'exercice financier 2006-2007, en mars, en empruntant sur les revenus du prochain exercice financier. Mais le budget 2007-2008 demeure menacé. Le budget annuel du FCT est de 250M$, dont 100M$ qui proviennent du gouvernement.
La ministre du Patrimoine, Bev Oda, a confirmé la semaine dernière qu'elle accordait au FCT le montant habituel de 100 millions pour les deux prochaines années. Ce sont les distributeurs qui versent les 150 millions qui restent, et le retrait de Shaw et de Vidéotron représente un manque à gagner d'au moins 60 millions.
Mario Clément fustige l'attitude de Quebecor et de Shaw.
Ils ont obtenu un monopole de distribution par câble, de rappeler M. Clément, et le CRTC leur a donné les moyens de se développer en autorisant toutes les chaînes spécialisées qui leur permettent d'obtenir des revenus des abonnés.
L'attitude des deux entreprises sera également remise en question mardi après-midi, alors que les associations professionnelles se regrouperont pour prendre position dans ce conflit.


