Michel Lapierre révolutionne les façons de faire du vêtement
Mise à jour: 5 février 2007 | 13h38
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Marie-Eve Fournier
Le Journal de Montréal
Michel Lapierre fait désormais fabriquer ses vêtements de nuit en Asie, mais ça ne l’empêche pas de garder un oeil sur sa production. Grâce à Internet et à quelques caméras, les travailleurs chinois et indiens de Claudel Lingerie sont observés… en direct.
L’Asie n’est qu’à quelques clics de souris pour Michel Lapierre, président de Claudel Lingerie.
Chaque jour, depuis ses bureaux qui donnent sur le parc Jarry, le dirigeant observe le travail effectué dans des usines chinoises et indiennes sur son grand écran 16:9.
«J’ai un écran plasma de 50 pouces dans mon bureau, et ce n’est pas parce que j’ai besoin de lunettes! », précise, à la blague, M. Lapierre.
La haute définition lui permet de bien voir les couleurs et même de compter le nombre de points au pouce que les couturières font.
Et l’observation est loin d’être passive. «Je peux contrôler les caméras installées en Chine. Faire des zooms, tasser à droite», souligne le dirigeant, tout en faisant une démonstration.
Depuis l’installation du système il y a six mois, il a pu voir «des coutures qui plissent» et la pose de «mauvaises étiquettes dans le cou».
«Sans cette technologie, je recevrais plus de vêtements imparfaits», assure-t-il.
Système rassurant
Jusqu’ici, Claudel Lingerie a installé des caméras 5 mégapixels dans trois usines chinoises et une indienne (4 caméras par usine). L’opération a coûté de 7 000 à 8 000$ à chaque endroit. La transmission des images se fait par Internet à peu de frais.
D’après M. Lapierre, les caméras rassurent les superviseurs des usines asiatiques qui ont été ravis de les voir être installées.
«Quand ils ne sont pas certains de quelque chose, ils mettent le vêtement devant la caméra et, quelques heures plus tard, ils ont leur réponse. Ils sentent qu’on est là pour les soutenir », raconte-t-il.
Bref, une image vaut mille mots, et le lien Internet simplifie la vie de tout le monde. «Expliquer un problème de couture au téléphone, c’est un méchant contrat !», résume M. Lapierre.
De 4 semaines à 8 mois
Même si la Chine et l’Inde sont bien loin du Québec, la distance n’est pas un désavantage aussi grand qu’il y paraît.
«Il n’y a pas de différence de coût pour les communications. Appeler en Chine nous coûte littéralement zéro. C’est comme prendre l’intercom», raconte l’entrepreneur, qui utilise le logiciel Skype.
Le transport - qui prend de 5 à 6 semaines - n’est pas non plus un coût important : à peine 3% du prix en magasin.
Par contre, côté délais, l’atelier d’à côté offrait un avantage indéniable.
«Avant, quand ça me prenait quatre semaines pour sortir un vêtement, j’étais fâché. Aujourd’hui, quand ça prend huit mois, je suis content », illustre M. Lapierre.
En vidéo, les explications du président de Claudel Lingerie Michel Lapierre.



