Le jeudi 9 février 2012

Sept titres prometteurs au Canada pour 2007

3 janvier 2007 | 08h47
Mise à jour: 3 janvier 2007 | 09h24
Webfin ARGENT | ARGENT 
Denis Durand Archives ARGENT

(NDLR : Notre journaliste Michel Van de Walle a rencontré trois experts qui ont accepté de partager leurs pronostics sur ce que nous réserve le marché boursier en 2007. Nous avons demandé à chacun d'eux de nous faire un survol général du marché et de choisir sept titres qui leur semblent prometteurs dans le contexte actuel. Nous débutons aujourd'hui avec les actions canadiennes avec Denis Durand, associé et gestionnaire chez Jarislowsky Fraser.)

Michel Van de Walle
Le Journal de Montréal

Même si l'économie américaine ralentit, Denis Durand croit que les marchés boursiers nord-américains généreront des rendements positifs en 2007, quoique inférieurs à ceux de l'an dernier.

Le gestionnaire de portefeuille chez Jarislowsky Fraser n'anticipe pas que les États-Unis s'enfonceront dans une récession. Mais il pense que les probabilités d'un tel scénario s'accroissent avec les conséquences que cela pourrait avoir sur l'économie canadienne.

«Avant, on estimait les risques à 20% ou 25%. Maintenant, c'est plutôt 40%», disait-il lors d'un entretien téléphonique peu avant la période des Fêtes.

Il craint en particulier que les prix pétroliers ne s'enflamment à nouveau à la moindre étincelle.

«S'il survient des problèmes au Nigeria, au Venezuela, en Iran, au Moyen-Orient, on pourrait voir le baril de brut repartir vers les 75 à 80$. Cela pourrait alors générer une récession aux États-Unis», croit-il.

Dommages au Canada

Si l'économie américaine ralentit substantiellement, le Canada, les provinces manufacturières en particulier, souffrira de dommages collatéraux.

«En 2007, on pense que l'économie canadienne va croître d'environ 2,4% en moyenne. Mais au Québec et en Ontario, ce pourrait être sous les 2 %», dit-il.

La Banque du Canada devrait baisser son taux directeur au cours des premiers mois de 2007.

Dans ce contexte, M. Durand ne voit pas beaucoup de potentiel de rendement du côté du marché obligataire. Les taux sont déjà bas et la valeur marchande des obligations est élevée. Au surplus, le traitement fiscal des intérêts n'est pas très intéressant.

Plus de possibilités en Bourse

Il voit davantage de possibilités du côté des marchés boursiers dont les ratios demeurent somme toute raisonnables. « Surtout du côté des banques, des compagnies d'assurances qui versent autour de 3% en dividendes et dont le traitement fiscal est plus intéressant», souligne-t-il.

Il s'attend à ce que la Bourse de Toronto avance d'environ 8% en 2007, ce qui serait tout de même la moitié moins que ce qu'elle a fait en 2006. «Avec les dividendes, cela ferait un rendement d'environ 10%.»

Dans ce contexte, M. Durand mise sur des titres défensifs mais ajoute des actions de compagnies pétrolières, qui profiteraient d'un rebond des prix du brut.

Voici ses 7 choix de titres canadiens pour 2007.

TALISMAN (TLM) 19,88$*

Talisman est un producteur indépendant de pétrole et de gaz. La compagnie a des propriétés dans 16 pays, dont évidemment au Canada, mais aussi dans la mer du Nord, l'Australie, en Asie et en Afrique du Nord, entre autres. Sa production est répartie à peu près également entre le pétrole et le gaz. Tout comme Nexen, Talisman n'a pas d'actionnaire de contrôle et pourrait elle aussi faire l'objet d'une offre d'achat, estime M. Durand.

NEXEN (NXY) 64,61$

La compagnie albertaine est active dans la production de pétrole et de gaz. Elle est présente dans les sables bitumineux de l'Alberta et a des actifs ailleurs dans le monde, notamment au Yemen, dans le golfe du Mexique ainsi que dans la mer du Nord. L'entreprise, selon M. Durand, est intéressante du fait que de récentes découvertes dans le golfe du Mexique vont lui permettre d'accroître son volume de production au cours des deux prochaines années. Sa production pourrait augmenter de 50% en 2007. Puisqu'elle n'a aucun actionnaire de contrôle, elle pourrait faire l'objet d'une offre d'achat par un groupe concurrent.

MANUVIE (MFC) 39,50$

La Financière Manuvie est l'une des plus importantes sociétés d'assurance d'Amérique du Nord, avec des revenus annuels de près de 33G$. La compagnie a beaucoup investi en Asie, au Japon entre autres, où elle a procédé à des acquisitions à faible prix, signale M. Durand. Elle est présente dans d'autres pays asiatiques, dont le Vietnam et la Chine, qui sont en forte croissance.

BANQUE DE MONTRÉAL (BMO) 69,12$

Des six grandes banques canadiennes, Denis Durand mise sur la Banque de Montréal. «Même si elle a affiché des résultats moins intéressants que les autres, elle a fait du nettoyage», constate le gestionnaire. Pour cette raison, il juge son titre un peu déprimé et pense qu'elle pourrait rebondir au cours de l'année qui s'amorce. Avec son dividende annuel qui vient d'être haussé à 2,60$ par action, le rendement avoisine les 3,8%.

GROUPE JEAN COUTU (PJC.A) 13,95$

M. Durand le reconnaît d'emblée: ce titre est son wild guess. Tombée en disgrâce en raison de l'acquisition cahoteuse d'une partie de la chaîne de pharmacies américaines Eckerd, l'action du Groupe Jean Coutu a repris un petit peu du terrain perdu à la suite de la revente de la chaîne à Rite Aid. «Ce n'est pas impossible que Jean Coutu s'en tire finalement mieux que ne le prévoit le marché», pense le gestionnaire. Les opérations canadiennes se portent bien et la synergie qui découlera de la fusion Eckerd-Brooks-Rite Aid devrait réduire les coûts et améliorer les marges bénéficiaires.

ASTRAL MÉDIA (ACM.A) 40,07$

Selon le gestionnaire de Jarislowsky Fraser, voici une compagnie bien placée pour profiter de la restructuration qui s'opère dans le secteur des communications et des médias. Exploitant entre autres plusieurs chaînes de télé spécialisées, la compagnie dispose de revenus prévisibles provenant de ses redevances d'abonnement. M. Durand n'écarte pas la possibilité qu'Astral soit mêlée à une transaction, que ce soit à titre d'acquéreur ou de proie.

CANADIEN NATIONAL (CNR) 50,23$

«Une compagnie bien gérée», de l'avis de M. Durand, qui souligne qu'elle contrôle une bonne partie du transport ferroviaire non seulement au Canada mais aussi dans le centre et le centre-ouest des États-Unis. Contrairement à l'industrie du camionnage, qui est très sensible aux hausses des prix du diesel, le carburant pèse moins lourd dans les coûts de l'industrie ferroviaire. «Lorsque les prix du pétrole vont remonter, ils seront beaucoup moins affectés que les entreprises de camionnage et pourront refiler tout de même la hausse à leurs clients en augmentant leurs tarifs», signale le gestionnaire.

*Cours des actions à la fermeture le 2 janvier 2007.

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