Les entreprises se méfient de plus en plus de l'alcool
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Sylvie Dugas
Le Journal de Montréal
Le temps où des employés éméchés quittaient leur party d’entreprise au volant de leur voiture est bel et bien révolu. Les employeurs s’assurent que les fêtards, y compris les cadres, puissent s’amuser en toute sécurité.
Les partys de bureau ont changé au Québec: les gens boivent moins qu’avant. À l’occasion du party de Noël, bon nombre de compagnies québécoises signent des ententes avec des compagnies de taxis et s’assurent de la présence de Nez Rouge pour reconduire les employés en état d’ébriété.
Comme d’autres entreprises, le Groupe Meloche-Monnex a aussi mis en place un système de chauffeur désigné et offre aux participants un alcootest dont les résultats demeurent confidentiels. «Avec toutes ces mesures, nous jouons notre rôle d’entreprise responsable et permettons à notre personnel de fêter en toute quiétude», dit Antoine Landry, vice-président aux communications de la firme.
La multinationale CAE, qui fournit le souper et la danse, ne paie plus la boisson à ses employés et à leurs conjoints. «Nos gardes de sécurité s’assurent que les chauffeurs qui quittent le party sont en état de conduire», souligne Nathalie Bourque, vice-présidente des communications mondiales.
«Les employeurs ont tendance à limiter la consommation d’alcool par des jetons ou en fermant le bar plus tôt», résume Marie-Hélène Jetté, avocate en droit du travail chez Ogilvy Renaud.
Un accommodement raisonnable
Avec des employés représentant plus de 110 nationalités et religions différentes, CAE présente même cet événement comme une fête de fin et de début d’année. «Ce n’est pas Noël pour tout le monde. Notre société en est rendue là. Nous nous ajustons en fonction des cultures», explique Mme Bourque.
Dans ses conseils annuels aux entrepreneurs, la firme d’avocats Ogilvy Renaud recommande aussi aux employeurs de ne pas tenir leur party de Noël un vendredi, jour où les musulmans ne peuvent sortir après la tombée de la nuit.
Des conseils pour les cadres
Alors que l’atmosphère est à la fête, certains cadres peuvent se permettre des comportements déplacés qu’ils n’auraient pas eus en temps normal.
Dans un party de Noël, un superviseur de Securitas s’était en effet vanté de ses prouesses sexuelles, tentant de convaincre sur la piste de danse l’une de ses employées de tester ses talents. Étant revenu à la charge à plusieurs reprises dans le cadre du travail, il a été congédié à la suite d’une plainte de sa subalterne.
«Les politiques de harcèlement sexuel s’appliquent même à l’occasion des partys», rappelle Marie-Hélène Jetté. Une plainte déposée contre un cadre à cette occasion peut conduire à des mesures disciplinaires et, en cas de récidive, au congédiement, spécifie-t- elle.
Avis aux employeurs: un employé de l’hôtel Le Chantecler s’étant blessé après avoir dansé sur un haut-parleur a même eu gain de cause devant la CSST.


