Le samedi 21 novembre 2009

Ben's smoked meat semble se diriger vers la fermeture

6 décembre 2006 | 05h59
ARGENT 
 

Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

Paralysé par un conflit de travail depuis bientôt cinq mois, le restaurant Ben’s, réputé pour ses smoked meat depuis 98 ans, pourrait bien ne plus jamais rouvrir ses portes, a appris hier Le Journal de Montréal.

«Nous allons rendre une décision d’ici à Noël sur l’avenir de l’immeuble (à l’angle de Metcalfe et Maisonneuve).

«Cette décision va affecter les salariés ainsi que les Montréalais qui aiment le restaurant», a précisé Me Danny Kaufer de l’étude Heenan Blaikie et porte-parole de la famille Kravitz, propriétaire du delicatessen.

Selon lui, la famille «est en train d’explorer toutes les possibilités», mais il s’est refusé à tout commentaire sur le conflit de travail qui a jeté à la rue les 22 travailleurs syndiqués (CSN) le 20 juillet 2006.

«Je ne connais pas la réponse aux points soulevés par les employés ni à leurs inquiétudes», a dit Me Kaufer.

Il doit informer le conciliateur dans le dossier, Denis Jiasson, de la «décision finale» qui sera prise par les propriétaires du restaurant, Jane Kravitz et son fils, Elliott.

La valeur de l’immeuble où est installé le delicatessen est considérable et ses propriétaires ont même été approchés par des promoteurs, dont une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui prévoient construire tout à côté un immeuble de bureaux de 28 étages au coût de 150M$.

«On ne connaissait pas la nature du projet avant de lire le Journal», a dit Me Kaufer.

Sur le trottoir

La menace de fermeture de cette institution montréalaise a fait réagir la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

Selon elle, les grévistes «essaient de sauver bien plus que leur emploi ; ils travaillent pour sauver un élément de notre patrimoine qui a une valeur inestimable».

Sur le trottoir, hier midi par un froid cassant, les employés, dont la plupart ont plus de 20 ans d’ancienneté, ne se faisaient pas trop d’illusions.

Avec peu d’enthousiasme, ils ont lancé hier midi une campagne pour éviter la fermeture du populaire restaurant.

Le syndicat a même reproché aux propriétaires du restaurant de ne pas avoir investi dans «l’achat d’ustensiles et de vaisselle».

«On espère que ça va rouvrir mais il n’y a pas de négociations. Peut-être bien qu’ils (les propriétaires) veulent fermer définitivement», a analysé Robert Mayrand, 72 ans, embauché chez Ben’s à l’âge de 20 ans.

Mais, dans les faits, tout indique que le premier conflit de travail de l’histoire de Ben’s signifiera la fin définitive de ce restaurant très fréquenté par les touristes.

En vidéo, écoutez l'entrevue réalisée mardi par Georges Pothier avec Robert Mayrand, vice-président du syndicat des employés de Ben's.

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