34 milliards de dégâts sur 100 toujours pas remboursés
Associated Press
Les ouragans Katrina et Rita qui ont dévasté la Louisiane fin août 2005 ont occasionné des dégâts estimés à quelque 100 milliards de dollars US, dont environ 34 milliards US n'ont pas été compensés par l'aide fédérale et les assurances, selon un rapport officiel attendu vendredi.
D'après l'Autorité pour la reconstruction de la Louisiane, cette estimation chiffrée comprend les digues, édifices publics et infrastructures, commerces et entreprises privées ainsi que les maisons individuelles et autres propriétés. Sur ce total, les assurances ont couvert 40 milliards de dollars US et les aides fédérales 26 milliards US.
Andy Kopplin, directeur de l'Autorité pour la reconstruction de la Louisiane, ne va pas jusqu'à suggérer que le gouvernement ou les assurances rédigent un chèque pour les 34 milliards US manquants, mais il estime qu'il ne faut du coup pas s'étonner si la Louisiane continue de réclamer des aides au Congrès pendant encore au moins dix ans.
Un rapport récent du Government Accountability Office (GAO, l'organisme chargé d'éplucher les comptes du gouvernement) avait noté la difficulté d'évaluer les dommages causés par ces ouragans de l'été 2005, tout en estimant qu'ils dépasseraient sans doute de loin le coût des trois catastrophes les plus chères de l'histoire récente: les attentats du 11 septembre 2001, l'ouragan Andrew en 1992 et le tremblement de terre en Californie en 1994.
Depuis deux ans, le gouvernement fédéral a débloqué plus de 110 milliards de dollars en fonds, prêts et autres formes d'aide pour les États frappés par Katrina et Rita. Une grande partie de ces sommes a servi à financer l'urgence, comme l'enlèvement des débris, la réparation des digues ou l'assistance aux sans-abri, mais pas la reconstruction à long terme.
La Louisiane a touché environ 60 milliards de l'enveloppe globale, mais seuls 26 milliards étaient destinés à la reconstruction permanente et à long terme, explique Andy Kopplin.
Jugeant que la remise sur pieds de l'État s'embourbe dans la bureaucratie, il milite pour une réforme de la loi sur la reconstruction post-catastrophes, qui n'est en l'état pas susceptible de créer une Louisiane «plus sûre et plus forte».
Selon lui, les besoins les plus pressants sont le comblement du "trou§ de 5 milliards de dollars (3,6 milliards d'euros) dans le projet Road Home, mis sur pied pour aider les victimes à reconstruire leur maison ou à s'installer ailleurs, ainsi que le financement de nouveaux travaux sur les digues de la région de La Nouvelle-Orléans.
Mais la FEMA, l'Agence fédérale chargée de la gestion des catastrophes naturelles, montrée du doigt à l'époque pour sa mauvaise gestion de Katrina, chipote. Elle estime que la loi fédérale ne l'oblige qu'à financer la réparation des infrastructures au niveau où elles se trouvaient avant l'ouragan. Pas à payer pour le remplacement total d'édifices déjà vieux ou des améliorations.



