Le titre de Sankyo Pharmaceutical a grimpé
(Reuters) - Sankyo Pharmaceutical a gagné du terrain à Tokyo à la suite d'informations de la presse du week-end, annonçant la fusion des deux laboratoires en octobre pour créer le premier groupe pharmaceutique japonais.
Sankyo a augmenté de 4,9% à 2,460 yens, après avoir atteint 2,470, son plus haut niveau en séance depuis août 2001. Daiichi s'est octroyé 4,49% à 2,560 yens après avoir testé 2,615, son pic en près de trois ans. Les deux valeurs ont tiré le sous-indice du secteur de 1,11%.
Plusieurs médias, dont le quotidien des affaires Nihon Keizai Shimbun, ont fait état samedi d'un projet de fusion de Sankyo et Daiichi en octobre pour former une holding au chiffre d'affaires supérieur à 900 milliards de yens (8,5 G$), numéro deux derrière Takeda Pharmaceutical.
Sankyo et Daiichi ont réagi en faisant savoir qu'elles étudiaient diverses options stratégiques pour améliorer leur croissance, dont des alliances, mais que rien n'avait encore été décidé.
Le marché a salué la nouvelle dans l'espoir qu'une fusion renforce la compétitivité des deux groupes dans un secteur pénalisé par les baisses de prix imposées par le gouvernement, l'envolée des coûts de développement et la présence croissante de laboratoires occidentaux bien plus importants tels l'américain Pfizer (PFE).
«Nous considérons le secteur pharmaceutique comme une cible attractive d'investissement puisque les laboratoires, à l'image des constructeurs automobiles et des groupes d'électronique, doivent poursuivre leur mouvement de concentration pour améliorer leur compétitivité sur le marché mondial en augmentant leur chiffre d'affaires», note Tomoichi Isobe, analyste chez Yasuda Asset Management.
Doute des analystes
Tous les analystes ne se montrent pas forcément aussi optimistes.
«La fusion diminuera les risques liés à l'expiration des brevets, les deux laboratoires dépendant fortement d'un seul médicament phare», note Kumi Miyauchi, analyste chez Daiwa Institute of Research. «Mais cela n'améliore pas leurs perspectives de croissance (...). La fusion augmentera leur chiffre d'affaires et leurs synergies de coûts, mais ne leur donnera pas de fort potentiel de croissance.»
Les ventes du Melavotin, traitement du cholestérol de Sankyo, ont représenté 34% de son chiffre d'affaires au cours de l'exercice clos en mars 2004, tandis que celles de l'antibiotique Cravit avaient assuré 21% des ventes de Daiichi.
Mitsuo Ohmi, analyste chez JP Morgan, a abaissé sa recommandation sur Sankyo de «neutre» à «sous-pondérer», estimant qu'une fusion avec Daiichi risquerait d'affaiblir leur potentiel de croissance.
«Nous pensons que les synergies de la fusion au Japon se limiteront à la production et à la R&D (recherche et développement)», écrit Ohmi.
Les deux laboratoires sont considérés comme des cibles potentielles pour des groupes étrangers étant donné leur faible ratio cours/actif net par action et leur capitalisation réduite. Leur fusion constituerait donc une sorte de «pilule empoisonnée» pour se protéger d'éventuels raiders, note Ohmi.
Une fusion réunira deux groupes qui pourraient sinon être rachetés par des investisseurs étrangers, explique-t-il.
Le solide portefeuille de produits en dévelopement de Sankyo, avec notamment le CS-747 (thrombose) et le Fidarestat (neuropathie diabétique), suscite apparemment l'intérêt de géants pharmaceutiques étrangers qui ont déjà racheté certains de ses concurrents possédant des «blockbusters» potentiels.
Il s'agirait d'une fusion entre égaux, ajoute Ohmi. Sankyo détiendrait 61,5% de la nouvelle entité et Daiichi le reste.
D'autres analystes soulignent que le nouveau groupe n'afficherait pas une forte croissance en raison de la baisse des ventes du Melavotin de Sankyo et de la faiblesse du «pipeline» de Daiichi.

