Kiev et Moscou promettent de rouvrir les vannes pour l'Europe
Gaz: la Russie va faire payer à l'Ukraine le prix du marché
Gazprom prêt à reprendre les livraisons vers l'Europe
Associated Press
BRUXELLES -- Sous la pression européenne, les dirigeants des monopoles gaziers russes et ukrainiens ont accepté jeudi de relancer l'approvisionnement vers l'Europe de l'ouest, près de dix jours après le début du conflit portant sur le prix de vente à l'Ukraine et sa dette vis-à-vis de Moscou. Sans que les causes de la crise semblent toutefois véritablement réglées.
L'Europe dépend de la Russie pour un quart de son gaz naturel, dont environ 80% est acheminé par des gazoducs traversant l'Ukraine. D'autres gazoducs de moindre importance sont également utilisés au Bélarus et en Turquie. La Bulgarie, où la suspension des livraisons a entraîné la fermeture de plusieurs importantes usines, sera la premier pays réapprovisionné.
Réunis à Bruxelles pour leurs premières discussions depuis la rupture des négociations sur les paiements le 31 décembre, le PDG du géant russe Gazprom, AlexeJi Miller, et son homologue ukrainien de Naftogaz, Oleh Doubina, sont convenus de la reprise des livraisons de gaz naturel vers l'Europe dès l'arrivée d'observateurs internationaux pour surveiller les flux qui empruntent les gazoducs ukrainiens.
«Nous reprendrons immédiatement les livraisons de gaz à l'Europe» dès que Kiev autorisera la présence des observateurs, a déclaré Alexeï Miller. «Nous ne voulons pas de guerre, de guerre de propagande», a de son côté affirmé Hrihorii Nemiria, Premier ministre ukrainien adjoint, précisant qu'il faudrait à Naftogaz environ 36 heures pour relancer l'approvisionnement vers l'Europe de l'ouest.
M. Miller a indiqué que ces observateurs seraient des représentants des ministères russe et ukrainien de l'Energie, de clients européens, et de la Commission européenne. De son côté, l'Union européenne a précisé que Gazprom insistait pour que des représentants russes prennent part à la mission, en violation d'un accord entre l'UE et Kiev limitant la mission d'observateurs aux seuls Européens.
Le conflit entre les deux groupes gaziers porte sur le prix payé par l'Ukraine à la Russie. Celui-ci s'élevait à 179 dollars pour 1 000 mètres cubes en 2008, mais la Russie souhaite l'aligner sur celui payé par les clients européens de Gazprom, environ deux fois supérieur. Autre pomme de discorde: Gazprom réclame le paiement total de la dette ukrainienne, qu'elle estime à 600 millions de dollars.
Peu après l'annonce de jeudi, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a déclaré que la Russie entendait faire payer à l'Ukraine le prix du marché pour la fourniture de gaz naturel et que Moscou accepterait de s'acquitter de frais plus élevés pour l'acheminement de son gaz via l'Ukraine. Le directeur adjoint de Naftogaz, Volodimir Trikolitch, avait précédemment fait savoir que sa compagnie insistait pour un prix de 201 dollars pour 1 000 mètres cubes, et réclamait 2 dollars au lieu de 1,70 dollar par 100 kilomètres pour les frais de transit.
Alors qu'une partie du continent est touché par une vague de froid, au moins 15 pays européens -parmi lesquels l'Autriche, la Bulgarie, la Bosnie, la République tchèque, la France, la Roumanie ou encore la Serbie- avaient signalé une suspension de l'approvisionnement russe mercredi. La Pologne et l'Allemagne ont, elles, enregistré une baisse substantielle des quantités reçues.



