Les 27 chefs d'État de l'Union européenne au chevet du système financier
Associated Press
PARIS _ Les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ont rendez-vous vendredi à Bruxelles pour définir une position commune sur la réforme du système financier international, qui sera au coeur du sommet du G20 à Washington le 15 novembre prochain.
Signe de la fébrilité qui règne toujours sur les marchés financiers, les bourses asiatiques et européennes ont à nouveau plongé jeudi, dans le sillage de Wall Street. Pour Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, «aucune institution financière», y compris les fonds spéculatifs, ne doit plus pouvoir «travailler sans être soumis à une régulation», afin que ne puisse pas se reproduire une telle crise.
La France veut en particulier éliminer les centres off-shore, ces zones d'ombre où s'épanouissent des activités financières sans aucun contrôle. Devant des parlementaires français, Nicolas Sarkozy a reconnu jeudi qu'une telle action nécessitait une coordination avec les États-Unis et la Grande-Bretagne et a souhaité que les flux financiers en provenance des paradis fiscaux soient soumis à un contrôle.
La présidence française de l'UE plaide également pour un rôle accru du Fonds monétaire international (FMI) qui, fort de moyens, d'une légitimité et de pouvoirs renforcés, pourrait jouer un rôle de vigie et de contrôle du système financier mondial, voire de la politique de taux de change.
Le nouveau FMI souhaité par les Européens devraient ainsi pouvoir faire des recommandations, non plus seulement aux pays en voie de développement comme c'est le cas actuellement, mais aussi aux pays développés, y compris les États-Unis.
La ministre française de l'Économie Christine Lagarde a fait part mardi, à l'issue da la réunion des 27 ministres des Finances à Bruxelles, d'un «soutien massif» des Européens à davantage de régulation du système financier et à un renforcement du rôle du FMI.
Les 27 semblent en revanche plus divisés sur la question des fonds spéculatifs, ces fonds d'investissement sous contrôle privé, ce qui leur permet de prendre des risques élevés et de publier peu d'information sur leurs activités.
L'Allemagne plaide pour leur stricte régulation, mais sa position ne fait pas l'unanimité au sein des Etats-membres de l'UE. La Chancelière allemande Angela Merkel a plaidé mardi pour «une nouvelle constitution financière», avec «davantage de transparence».
Côté français, on se voulait optimiste sur la possibilité d'arriver à un consensus européen à Bruxelles vendredi. Restera ensuite à convaincre Américains ou Chinois de s'engager aussi vers davantage de régulation du système financier lors du sommet de Washington, ce qui s'annonce plus compliqué.
Selon plusieurs parlementaires reçus jeudi à l'Elysée, le président français souhaite réunir «au moins trois sommets» internationaux. Celui du 15 novembre serait le premier avant un autre «100 jours après». Entre-temps, des «groupes d'experts qui devraient faire avancer la discussion».
La rencontre du 15 novembre réunira les sept pays les plus industrialisés (G7), l'Union européenne, ainsi que la Chine, le Brésil, l'Inde, la Russie, la Corée du Sud, l'Argentine, l'Australie, la Chine, le Mexique, l'Arabie saoudite, la Turquie et l'Afrique du Sud. Les ministres des Finances du G20 ont rendez-vous ce week-end au Brésil pour préparer ce sommet. La France souhaiterait inclure dans cette liste l'Espagne et les Pays-Bas et suggère qu'un autre pays africain ou du Golfe pourrait y participer, selon les parlementaires.
On ignore pour l'heure si le vainqueur de la présidentielle américaine Barack Obama sera présent à Washington, mais ses conseillers devraient en tout état de cause être associés, selon le porte-parole du gouvernement français Luc Chatel.
Après celui de Washington, le prochain sommet de chefs d'État et de gouvernement sur le système financier ne devrait pas avoir lieu avant l'investiture de Barack Obama en janvier.


