Le vendredi 10 février 2012

Les yeux de l’Europe tournés vers l’Élysée

3 octobre 2008 | 15h46
ARGENT 
Le président français Nicolas Sarkozy. Photo © PC - Archives

Bernard Plante
Canoë-ARGENT

Samedi, les yeux de l’Europe vont se tourner vers L’Élysée où le président Nicolas Sarkozy sera entouré de la chancelière allemande, Angela Merkel et des chefs des gouvernements italien et britannique, Silvio Berlusconi et Gordon Brown, pour tenter de dégager une réponse européenne commune à la crise financière qui secoue la planète.

À la lecture des médias français, il est difficile de dire quelle épice pourrait accompagner la rencontre qui risque, cependant, d’être pimentée.

L’Agence France Presse (AFP) rapporte que ce sommet «convoqué dans la douleur» servira davantage à envoyer un signal politique aux marchés plutôt que de déboucher sur des solutions concrètes.

Ailleurs (Les Échos) on signale qu’«à la veille de la rencontre, l'incertitude était grande sur la capacité des Européens à afficher une position commune».

Bras de fer

La préparation de la rencontre a, entre autres, été marquée par d’importantes divergences entre l’Allemagne et la France. La ministre française de l’économie avait avancé, mercredi, l’idée de la création d’un fonds européen de sauvetage des banques à hauteur de 300 G d’euros (415 G$ US).

Paris avait presque aussitôt démenti cette information, mais aujourd’hui tout le monde la tient pour acquise. Cette «nouvelle a très vite reçu un enterrement de premier ordre. Au premier rang, l’Allemagne où la chancelière et son ministre des finances, selon Les Échos, ont rivalisé d’orthodoxie budgétaire en refusant «de faire un chèque en blanc aux banques».

Et le président de la Banque centrale européenne (BCE), pour n’en citer qu’un second, avait renchéri: «Un plan similaire à celui du gouvernement américain ne correspond pas à la structure politique de l'Europe», avait répliqué Jean-Claude Trichet.

Mais Paris s’accroche: «La France veut être proactive (...) Elle veut prendre des initiatives, quitte à ce qu'elles ne soient pas toutes suivies d'effets, plutôt que d'être accusée d'immobilisme», a déclaré vendredi Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'État aux Affaires européennes, rapporte Les Échos.

Virulente sortie contre les banquiers

Et pour ajouter à la soupe, le premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Junker, s’est payé une violente sortie contre les banquiers: «J'ai pour le métier de banquier exactement la même considération que les banquiers ont pour le mien, c'est-à-dire proche de zéro», a-t-il affirmé dans une entrevue à paraître le 4 octobre dans le quotidien français La Croixet rapportée aujourd’hui sur NouvelObs.com.

Il se trouve que Jean-Claude Junker est également président de l'Eurogroupe et, à ce titre, il participera à la rencontre de samedi à l’Élysée. Il ne mâche pas ses mots: «Voilà que ceux-là mêmes [les banquiers] qui voulaient émasculer les pouvoirs publics sont les premiers à s'adresser à eux pour répondre à l'urgence», s’est-il «énervé» rapporte le NouvelObs.

Outre Jean-Claude Junker, seront aussi présents autour de la table lors de la rencontre de samedi le président de la Commission européenne et le président de la BCE. On souhaite, notamment, ouvrir des pistes pour une réforme du système financier international chercher à imposer de nouvelles règles comptables, dégager des mesures plus strictes pour encadre le système financier et ainsi… forcer la main des Américains. L’Europe est-elle unie?

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