Où s'en vont les marchés américains?
La hausse historique de 936 points pour le Dow Jones lundi, signale- t-elle un rebond durable des indices américains, et ce malgré la légère consolidation d'hier? À cette question, plusieurs observateurs se font très prudents.
« Personne n'est assez intelligent pour dire si l'on a atteint le creux. Il n'en reste pas moins que des actions très sévères ont été réalisées par plusieurs gouvernements à travers le monde pour enrayer la chute », commente Pierre Lapointe, stratège adjoint à la Financière Banque Nationale.
Dernière mesure choc en date, la décision inédite du gouvernement fédéral américain, mardi matin, d'entrer au capital de plusieurs banques moyennant 250 G$.
« Nous verrons bien dans quelques jours si le rebond est durable, mais chose certaine, il y a eu un changement de ton sur les marchés», estime, de son côté, Carlos Leitao, stratège chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne.
Vincent Delisle de Scotia Capital abonde dans le même sens et dit s'attendre à des mois de novembre et de décembre plus docile.
Avec un marché boursier qui connaît des réactions qualifiées d'exagérées, nos intervenants ne s'aventurent pas à donner une cible aux indices pour la fin de l'année. Monsieur Delisle prédit seulement un S&P 500 à 1325 points fin 2009, tout comme monsieur Lapointe.
Malgré le baume appliqué par les Européens et les Américains pour calmer la crise financière, « le problème économique de fond demeure », remarque Carlos Leitao.
« Le mouvement excessif de la semaine dernière est repris. Il ne faudrait pas anticiper, cependant, que l'on est sur une remontée progressive qui va se poursuivre sans s'arrêter d'ici la fin de l'année. En effet, les États-Unis n'ont pas échappé à la récession », a résumé Denis Durand, associé chez Jarislowsky Fraser en entrevue sur Argent.
Bref, il sera difficile, dans l'immédiat, de regagner tout le terrain perdu depuis le début de l'année, mais à court terme, on a peut-être atteint un plancher, pense Jean-René Adam, gestionnaire de portefeuille chez Hexavest.
Dans ce contexte, les financières comme les banques et les assureurs sont à même de tirer leur épingle du jeu, avance Vincent Delisle. « Tous les titres qui versent de généreux dividendes sont à conseiller comme les services publics ou les titres de télécommunications. À court terme, les titres les plus battus comme les minières et les pétrolières pourraient gagner du terrain, mais l'or pourrait être perdant », ajoute-t-il du même souffle.



