Le samedi 21 novembre 2009

G-7: Les membres n'annoncent rien de concret

11 octobre 2008 | 18h03
ARGENT 
Les membres du G-7 réunis à Washington. Photo © AP

The Associated Press

«Nous ferons ce qu'il faudra pour résoudre cette crise et l'économie mondiale en sortira renforcée», a assuré le président américain George W. Bush à l'issue d'une rencontre samedi à Washington avec les ministres des Finances du G-7. Aucune nouvelle mesure n'a toutefois été annoncée pour sortir de la spirale qui a vu cette semaine les bourses du monde entier s'effondrer.

Une nouvelle fois, les responsables politiques ont promis d'agir de concert, sans pour autant prendre d'engagements communs concrets.

Samedi matin, George W. Bush a reçu à la Maison Blanche les ministres des Finances des sept pays les industrialisés (Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Canada et Etats-Unis). Le secrétaire au Trésor Henry Paulson et la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice participaient à cette réunion qui a duré environ une demi-heure, moins longtemps que prévu.

Un rôle spécial

«Les Etats-Unis ont un rôle spécial à jouer pour mener la riposte face à cette crise», a déclaré George W. Bush après cette réunion. «C'est pourquoi notre gouvernement continuera à utiliser tous les outils à notre disposition pour résoudre cette crise».

Vendredi, les ministres des Finances du G-7 se sont réunis pendant trois heures avant de publier l'un des communiqués les plus courts de l'histoire du G-7. Ils se sont mis d'accord sur cinq grands principes, notamment celui d'empêcher les faillites des grandes banques. Les pays membres se sont aussi engagés à «prendre toutes les mesures nécessaires pour débloquer le crédit et les marchés monétaires». Ils ont également promis d'assainir le marché des prêts immobiliers -c'est l'effondrement des 'subprimes', les crédits hypothécaires à risque, qui, avec son effet domino, a fait éclater la crise du crédit aux Etats-Unis en août 2007.

En revanche, le G-7 n'a pas adopté la proposition de la Grande-Bretagne, la garantie étatiques des prêts interbancaires.

Le président américain a toutefois affirmé que le plan en cinq points permettrait de retrouver «le chemin de la stabilité et de la croissance à long terme».

«Tandis que nos pays mettent ce plan en oeuvre, nous devons nous assurer que les actions d'un pays ne sapent pas les efforts d'un autre», a déclaré George W. Bush, qui s'exprimait pour la 22e fois en 27 jours. «Nous sommes là-dedans ensemble. Nous en sortirons ensemble».

La carte du protectionnisme

Durant la Grande Dépression des années 1930, certains pays avaient joué la carte du protectionnisme, espérant ainsi protéger leurs industries nationales. Cet isolationnisme avait ralenti la reprise.

Plus récemment, lorsque la crise du crédit a commencé à s'étendre, l'Irlande a décidé de garantir tous les dépôts bancaires. D'autres pays, dont l'Allemagne, lui ont emboîté le pas, craignant que les déposants ne transfèrent leurs capitaux vers l'Irlande.

Samedi soir, Henry Paulson devait rassembler les responsables du G-20, c'est-à-dire des pays les plus riches et des grands pays en développement comme la Chine, le Brésil et l'Inde.

Fluidifier le crédit

Auparavant, le secrétaire au Trésor expliquait aux délégués du Fonds monétaire international (FMI, qui regroupe 185 pays) les mesures déjà prises par les Etats-Unis et d'autres pays afin de fluidifier le crédit. «Ces événements extraordinaires requièrent une réponse globale», affirmait Henry Paulson. Selon lui, une fois la crise passée, «nous devons porter notre attention sur des réformes à plus long terme pour moderniser notre structure dépassée de régulation financière et pour nous attaquer aux autres faiblesses».

Le FMI, à l'issue de sa réunion, a annoncé qu'il soutenait le plan des pays du G-7 pour lutter contre la crise internationale du crédit. Dans un communiqué, il souligne que la crise économique est si profonde et étendue qu'elle requiert une excellente coordination entre les nations et une réelle volonté d'engager des actions audacieuses.

Dimanche, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Eurogroupe se réunissent à Paris. Les quinze pays qui utilisent la monnaie commune vont tenter de s'accorder sur une "démarche concertée", pour reprendre les mots de la chancelière allemande Angela Merkel, qui a rencontré samedi le président français Nicolas Sarkozy à Colombey-les-Deux-Eglises. «Nous aurons une boîte à outils commune», mais «chaque pays pourra utiliser ces outils pour répondre aux situations particulières de chaque pays».

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