Les retraites des Américains durement touchées
Associated Press
DES MOINES, Iowa _ La crise financière fait fondre les pécules mis de côté par les Américains, qui sont nombreux à se demander s'ils ne vont pas devoir repousser leur départ à la retraite.
Plus de la moitié des Américains craignent d'avoir à travailler plus longtemps pour compenser la baisse de valeur des placements destinés à assurer leur pension, selon un sondage Associated Press-GfK publié la semaine dernière.
La crise des marchés financiers survient alors que les pensions de retraite traditionnelles sont en train de disparaître aux Etats-Unis. Le fardeau se reporte de plus en plus sur les épaules des particuliers, qui doivent désormais gérer eux-mêmes leur plan de retraite d'entreprise et placer une partie de leurs économies sur les marchés financiers.
En 1980, 60 pour cent des travailleurs bénéficiaient d'un régime de retraite traditionnel garantissant les futurs versements, et seulement 17 pour cent devaient monter leur propre plan d'épargne, selon le Centre de recherche sur la retraite (Center for Retirement Research) de l'université de Boston. En 2004, 11 pour cent des travailleurs disposaient d'une retraite garantie et 61 pour cent dépendaient de leur épargne individuelle.
Non seulement les investissements ont perdu 24 pour cent à la bourse de New York depuis octobre 2007, mais rien ne dit que les marchés vont rebondir rapidement, malgré l'adoption du plan Paulson de 700 milliards $ US, destiné à restaurer la confiance dans le système financier. Lundi, le président des Etats-Unis George W. Bush a estimé qu'il faudrait «un peu de temps» pour que ce dispositif porte ses fruits.
Pour certains Américains, la seule solution consiste à repousser leur départ à la retraite.
En outre, selon le Bureau fédéral des statistiques sur le travail (Bureau of Labor Statistics), 29 pour cent des personnes à la soixantaine finissante travaillaient en 2006, contre 18 pour cent en 1985. Au cours de la prochaine décennie, la proportion des travailleurs de 55 ans et plus devrait augmenter à un rythme plus de cinq fois plus rapide que celui de l'ensemble de la population active, estime l'agence fédérale.
Dans ce contexte, de nombreux conseillers en investissement recommandent aux épargnants américains d'examiner leur portefeuille d'actions et d'obligations, pour vérifier si le risque financier correspond bien à leur situation et au nombre d'années qui les séparent de la retraite.



