Le sénat adopterait un plan sous peu
Le Journal de Montréal
Après avoir traversé l’une des pires séances de leur histoire lundi, les Bourses nord-américaines ont connu hier l’une de leurs meilleures en raison de l’espoir ravivé que Washington finisse par adopter un plan de sauvetage de son secteur financier.
La moyenne Dow Jones de New York a grimpé de 485 points, son plus fort rebond en six ans, alors qu’à Toronto, l’indice S&P/TSX avançait de 468 points.
« C’est essentiellement la possibilité qu’un plan de sauvetage soit finalement approuvé par Washington qui explique ces gains », affirmait en entrevue Michel Tessier, analyste chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne.
Tôt hier matin, le président des États-Unis, George W. Bush, avait de nouveau réclamé du Congrès qu’il adopte un plan, à défaut duquel les dégâts pour l’économie seraient considérables. Il a eu des conversations téléphoniques avec les candidats à la présidence, le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama, qui ont réitéré leur volonté d’appuyer le sauvetage.
Selon les informations qui circulaient en fin de journée hier, il serait question que le Sénat adopte un projet peut-être dès aujourd’hui. La Chambre des représentants, qui avait défait lundi le plan de 700 G$ US, ne doit se réunir que demain.
Crise de confiance
Le rejet du plan avait précipité les marchés boursiers dans une déroute historique, qui n’a été surpassée que par celle qui était survenue lors du Lundi noir du krach d’octobre 1987. En une séance, 1 200 milliards de dollars US sont partis en fumée, tandis que la moyenne Dow Jones perdait 777 points.
« Ce fut un wake-up call pour les représentants » au Congrès, soumet Michel Tessier. À son avis, la débandade de lundi leur a montré qu’il est urgent qu’une loi soit adoptée afin de « stabiliser les marchés financiers ».
« Il y a une grave crise de confiance et il faut des mesures drastiques et rapides » pour la contenir, fait-il valoir.
Actuellement, les banques ne se prêtent plus entre elles en raison de la méfiance qui s’est installée quant à la solidité financière de chacune.
« Si rien n’est fait, affirme l’analyste, il risque d’y avoir d’autres banques qui vont tomber », comme on l’a vu depuis deux semaines.
Banques, pétrole et or
À New York comme à Toronto, les titres des grandes banques ont repris du poil de la bête. Ici, l’action de la Banque Royale a avancé de plus de 6 %, à 50,50 $, tandis qu’à New York, Citigroup bondissait de 15,5 %, à 20,51 $ US.
En fait, la plupart des secteurs, sauf celui des aurifères, ont gagné du terrain. L’éventuel sauvetage du secteur financier américain pourrait, croient les investisseurs, éviter une grave récession.
Le secteur de l’énergie a rebondi en raison du gain de 4,27 $ du baril de pétrole léger qui a repassé la barre de 100 $ US. Lundi, dans la déroute généralisée, le baril avait perdu plus de 10 $ US.
Enfin, l’or, qui avait servi de valeur refuge, a abandonné 14 $ US l’once hier, tirant vers le bas la plupart des titres aurifères. Barrick Gold a abandonné 1,47 $, à 38,97 $.


