Crise financière: les partis parviennent à un accord de principe
Mise à jour: 25 septembre 2008 | 14h21
En vidéo, Véronyque Tremblay s'entretient avec le chef d'antenne de la chaîne Argent, Georges Pothier.
Plan de sauvetage: républicains et démocrates sur le point de s'entendre
Bush recevra McCain et Obama aujourd’hui
Associated Press
WASHINGTON -- Quelques heures avant une réunion Bush-Obama-McCain hautement symbolique à la Maison Blanche consacrée à la crise financière, les démocrates et les républicains au Congrès sont parvenus jeudi à un accord de principe sur une version amendée du plan de sauvetage de 700 milliards de dollars (477 milliards d'euros) présenté par l'administration Bush.
L'annonce de l'émergence d'un consensus est intervenue quelques heures avant la réunion prévue à la Maison Blanche. Des parlementaires ont précisé qu'il ne restait plus que quelques questions à régler. «J'espère maintenant que nous allons avoir un plan qui peut être voté par le chambre des représentants et le Sénat et être signé par le président», a commenté le sénateur républicain Bob Bennett.
Le Congrès et le gouvernement américain ont levé les principaux obstacles vers un compromis en se mettant notamment d'accord sur un plafonnement des avantages salariaux des dirigeants des sociétés qui bénéficieront du dispositif, financé avec l'argent du contribuable.
Une réunion entre démocrates et républicains était prévue jeudi pour commencer à rédiger un compromis, qui selon les démocrates, majoritaires au Congrès, pourrait être voté d'ici quelques jours. Le plan vise à racheter les mauvaises créances des banques et d'autres institutions financières afin d'enrayer la crise à Wall Street et d'éviter une récession potentiellement grave aux États-Unis.
Le candidat démocrate à la présidentielle Barack Obama et son rival républicain John McCain devaient participer jeudi soir à une réunion à la Maison Blanche avec le président George W. Bush et les principaux responsables du Congrès sur les efforts pour trouver un compromis sur le plan de sauvetage.
Dans un discours à la nation mercredi, M. Bush a défendu l'impopulaire plan de sauvetage, avertissant ses concitoyens que s'il n'était pas adopté rapidement, le pays pourrait plonger dans «une panique financière». «Notre économie entière est en danger», a-t-il mis en garde.
La bourse de New York a ouvert en hausse jeudi, mais de mauvais chiffres sur l'activité économique aux Etats-Unis ont été publiés. Les nouvelles demandes d'allocations-chômage ont ainsi atteint leur plus haut niveau depuis sept ans. Par ailleurs, les ventes de logements neufs ont chuté de 11,5% en août, pour atteindre un rythme annuel corrigé des variations saisonnières de 460.000 unités, le plus bas depuis 1991.
Le démocrate Barney Frank, président de la commission des services financiers de la Chambre, a estimé que la réunion convoquée par M. Bush était inopportune alors que les négociations avancent. «Nous allons devoir interrompre une séance de négociations entre les démocrates et les républicains (...) pour aller à la Maison Blanche pour leur séance photo», a-t-il expliqué. «J'aurais préféré qu'ils nous consultent avant.»
Le secrétaire au Trésor Henry Paulson et le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke ont multiplié les interventions au Congrès ces derniers jours, passant d'auditions parlementaires publiques et à des entretiens privés avec les élus, pour défendre le plan de renflouement. Reste que le projet présenté par l'administration Bush ne devrait être adopté qu'après avoir été substantiellement amendé.
Barack Obama et John McCain ont appelé démocrates et républicains à l'union sacrée pour affronter la crise à un peu moins de cinq semaines de l'élection présidentielle du 4 novembre. «Le plan qui a été soumis au Congrès par l'administration Bush est défectueux, mais l'effort destiné à protéger l'économie américaine ne doit pas échouer», affirment les deux candidats dans un communiqué conjoint. «Nous ne pouvons risquer une catastrophe économique».
Les parlementaires des deux partis ont élevé des objections véhémentes sur le plan, les républicains se plaignant de l'intervention du gouvernement fédéral dans les affaires des entreprises et les démocrates exigeant des mesures en faveur des propriétaires en difficulté victimes des crédits immobiliers à risques, les subprimes.



