Le samedi 11 février 2012

Temps sombres pour les journaux américains

2 septembre 2008 | 19h14
ARGENT 
 

Les beaux jours des journaux américains fondent au même rythme que la banquise. La chute des recettes publicitaires force les journaux à des suppressions d'emplois et à d'autres coupures.

La semaine dernière Le San Diego Union-Tribune annonçait une réduction de ses effectifs de plus de 75 postes, dont environ 30 dans la salle de presse. La semaine dernière également le St. Louis Post-Dispatch coupait lui aussi 18 postes, tandis que les gestionnaires et le syndicat de Chicago Sun-Times se rencontraient pour convenir de réductions supplémentaires de postes après les coupures qui avaient déjà été anticipées en janvier. Et à la mi-août, The Chicago Tribune mettait à exécution les licenciements annoncés précédemment.

Tournant

Il devient de plus en plus difficile pour les journaux de s'accrocher pour trouver un moyen de générer suffisamment de recettes provenant des auditoires sur Internet pour compenser la perte de ventes publicitaires dans leurs pages.

À ce chapitre, l’exemple le plus frappant est celui du New York Times. Jadis l’incarnation de la presse américaine, le grand quotidien new-yorkais symbolise à présent le malaise profond de l'industrie. The Grey Lady's, surnom du New York Times parce qu’il présente beaucoup de mots et peu d’images, est en perte de vitesse avec une chute de circulation de 3,9% selon les données les plus récentes l’Audit Bureau of Circulations (ABC). Ses recettes publicitaires en mars dernier étaient en baisse de 12,5% comparativement à la même période l’an dernier. De plus, son éditeur Arthur «Pinch» Sulzberger a tenté, au printemps, de faire taire les rumeurs selon lesquelles sa famille qui possède le prestigieux journal depuis 1896, se prépare à abandonner l'entreprise.

Presque tous les journaux américains vivent actuellement une histoire comparable. L'ABC a indiqué que pour 530 des plus grands quotidiens américains, la circulation moyenne dans les premiers mois de 2008 a été de 3,6% inférieure à ce qu’elle était un an plus tôt alors que l’édition du dimanche connaissait une baisse de 4,6%. The Economist rapporte qu’en 2007, les recettes totales des journaux sont tombées à 42,2 G$, comparativement aux 48,7 G$ obtenus en 2000.

Causes

Ce n’est plus une surprise d’imputer cette baisse à l'Internet qui offre gratuitement, et en tout temps, des nouvelles et qui, du même mouvement, devient incontournable en ce qui concerne les petites annonces. Cependant, l’Internet n’est pas le seul responsable de la chute des revenus. Le ralentissement économique est lui aussi en cause.

Le contexte économique pèse en effet lourdement sur les nouveaux propriétaires qui ont acquis des journaux alors qu’ils bénéficiaient de prêts qui étaient facilement disponibles aux États-Unis jusqu'à l'été dernier. C’est le cas de Sam Zell, un magnat de l’immobilier qui a acheté la Tribune Company, propriétaire du Chicago Tribune et du Los Angeles Times. Zell a trouvé la gestion de cette acquisition plus difficile qu’il ne l’avait prévu. Il a dû commencer par vendre en mai dernier 97% de ses parts dans Newsday, un tabloïd de New York.

Tout n'est pas cependant pas perdu puisque beaucoup d’innovations sont en cours. Et tous ne souffrent pas autant si l’on en croit l’exemple de Rupert Murdoch qui a acheté le Wall Street Journal l'an dernier. Murdoch a investi dans une vigoureuse expansion de la couverture de l'actualité internationale faite par le journal. Cette décision a rapporté puisque la circulation du Wall Street Journal est en augmentation.

Les plus populaires