Le vendredi 10 février 2012

Six experts: que faire avec ses actions américaines?

4 juillet 2008 | 04h00
Mise à jour: 4 juillet 2008 | 08h16
ARGENT 
 Photo © Corbis

Mathieu Bruckmüller

Faut-il les vendre, les conserver ou en acheter? Alors que le Dow Jones a chuté de 17% en un an, que faire des actions américaines? Six experts donnent leur avis.

Jean-René Adam, gestionnaire de portefeuilles chez Hexavest

«Nous sommes dans un bear market. On ne rachète certainement pas d'actions, car les risques de baisses sont encore nombreux», croit l'analyste du marché nord-américain. «Si j'avais de l'argent de côté, je n'en mettrais pas dans le marché boursier, c'est certain», tranche-t-il.

«L'économie américaine vient probablement de tomber en récession et les données économiques vont encore empirer», ajoute-t-il. «D'habitude, tu rentres en récession avec un système financier sain, là on se retrouve avec une crise du crédit. Cette récession risque d'être plus difficile que les autres», entrevoit l'expert.

Selon lui, les investisseurs devraient se tenir loin du secteur de l'énergie. En effet, la demande en énergie s'essouffle et seule la spéculation explique les niveaux aussi élevés des prix du pétrole.

Carlos Leitao, économiste en chef chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne

«Les marchés boursiers américains, européens et asiatiques vont connaître un second semestre pénible», lance d'emblée le stratège. Il suggère de conserver ses actions américaines en attendant que la tempête passe. Cependant, elle vient à peine de commencer, remarque-t-il. Tant et aussi longtemps que les prix du pétrole resteront à de tels niveaux, les marchés vont rester périlleux.

Malgré tout, certains blue chips vont sortir du lot. C'est le cas notamment des entreprises qui exportent beaucoup. Il faut à tout prix éviter les secteurs cycliques. S'il vous reste des actions dans l'automobile, monsieur Leitao vous souhaite «bonne chance»!

Marc L'Écuyer, gestionnaire de portefeuilles chez Cote 100

Malgré le pessimisme ambiant, c'est l'occasion d'acheter. Les mauvaises nouvelles sont déjà amplement reflétées dans la valeur des actions, avance-t-il. «À court terme, le marché peut continuer de dégringoler, mais c'est difficile de trouver le plancher. À un moment donné, il faut se mouiller», lâche le gestionnaire.

Dans ce contexte, il commence à regarder de nouveau le secteur financier, secteur qui a fortement reculé au cours des 18 derniers mois. Marc L'Écuyer y voit des titres intéressants comme US Bancorp.

«On choisit des entreprises solides et pas trop risquées en raison du ralentissement économique qui est là pour durer», explique-t-il.

Il s'attarde aussi sur des entreprises très exposées à l'international comme Accenture.

La santé, secteur défensif par nature, est aussi un bon choix, selon lui.

Mathieu Sirois, gestionnaire de portefeuille, actions américaines de faibles capitalisations boursières chez Van Berkom et associés

Pour le professionnel, c'est le meilleur environnement d'occasions d'achats depuis des années.

«Il y a eu des contractions de multiples très importantes. La valeur de certains titres reflète des scénarios ultras négatifs», estime monsieur Sirois.

«Ce n'est surtout pas le temps de vendre, au contraire, il faut acheter de manière progressive», ajoute-t-il. Le gestionnaire cible le secteur financier et celui des produits de consommation, car ils sont ceux qui ont corrigé le plus.

Il aime particulièrement la société Jackson Hewitt. Le concurrent direct de H&R Block se transige à 8 fois ses profits, bref une aubaine.

Vincent Delisle, stratège chez Scotia Capitaux

Même si le marché boursier est dans un bear market depuis octobre dernier, il y aura de très larges fenêtres pour acheter ou vendre dans les prochains mois.

Après une forte correction, les bourses devraient rebondir prochainement durant l'été. «Sur un horizon de deux à trois mois, il est temps de profiter de la forte faiblesse des indices américains, mais il faut être prêt à entrer et sortir rapidement», avertit le stratège.

Outre le secteur pétrolier et aurifère qui performent toujours bien durant les tempêtes boursières, Vincent Delisle anticipe, à court terme, une reprise des valeurs technologiques, financières et de consommation.

Stéphane Gagnon, Vice-président, gestion de portefeuilles au groupe Fonds des professionnels

«Malgré le marché baissier, il y a des belles valeurs comme General Electric», indique monsieur Gagnon. «On ne vend pas ses actions américaines, mais on en rachète progressivement», estime-t-il.

Le spécialiste se tient à l'écart des titres liés à la consommation domestique et vise plutôt les compagnies capables de bénéficier de la faiblesse du dollar.

Outre Transocean, spécialiste du forage off-shore, dans l'énergie, il mise sur Cisco ou encore Oracle.

«Dans un contexte de ralentissement économique où les entreprises tablent plus sur les améliorations de productivité que sur la croissance de leurs revenus, Oracle a bien des solutions pour elles», dit-il.

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