Le Venezuela cesse de vendre du pétrole à Exxon Mobil
ARGENT, d'après Reuters
La compagnie nationale vénézuélienne des pétroles, PDVSA, a annoncé mardi qu'elle cessait de vendre du pétrole à Exxon Mobil (XOM), en représailles au gel de milliards de dollars d'avoirs vénézuéliens obtenu grâce à une action en justice engagée par l’américaine contre Caracas.
En réaction à cette annonce, le cours du brut américain a aussitôt monté de 24 cents, à 93,02$ US le baril, à 18h50, heure de Montréal, mardi.
Le directeur de l'AIE (Agence internationale de l'Énergie, qui conseille les pays industrialisés sur les questions énergétiques), Nobuo Tanaka, s'est déclaré préoccupé par la décision du Venezuela de cesser ses ventes de pétrole au numéro un américain de l’or noir, ajoutant qu'il suivait la situation de près.
Des responsables des principaux producteurs de pétrole ont assuré les États-Unis qu’ils étaient en mesure de combler la production du Venezuela si ce pays devait cesser toute exportation, selon un responsable du gouvernement américain interviewé par Reuters.
Le Venezuela est le quatrième fournisseur en énergie aux États-Unis qui constituent son plus important client.
En novembre, PDVSA a vendu en moyenne une quantité de 90 000 barils par jour à Exxon Mobil, ce qui est bien peu sur le plan mondial.
Exxon a obtenu le gel provisoire de 12G$ US d'avoirs de PDVSA en riposte à la nationalisation d'un projet du groupe dans le pays en 2007.
Exxon voulait ce gel d'actifs comme garantie en cas de victoire dans la bataille juridique que la compagnie a engagée après la nationalisation d'un important projet pétrolier dans le bassin de l'Orénoque, auquel le groupe américain était associé jusque-là.
«Confronté au harcèlement judiciaire et économique d'Exxon Mobil, et au titre de la réciprocité, PDVSA a décidé de suspendre ses relations commerciales", a fait savoir la compagnie vénézuélienne dans un communiqué. » En 2007, le président vénézuélien Hugo Chavez avait accru le contrôle de l'État sur plusieurs projets dans la région pétrolifère de l'Orénoque et avait contraint Exxon Mobil et ConocoPhillips (COP) à quitter le pays.

