Le samedi 21 novembre 2009

Les coaccusés de Conrad Black sont «d'honnêtes» hommes, affirme la défense

26 juin 2007 | 08h28
Webfin ARGENT | ARGENT 
Conrad Black est à l'avant-plan de ce croquis desssiné en cour. Archives ARGENT

Les avocats de la défense de deux coaccusés de Conrad Black ont fait valoir lundi que Peter Atkinson et Mark Kipnis sont d'«honnêtes» hommes dont les vies ont été profondément bousculées par une poursuite injuste et obstinée.

L'avocat Ron Safer a indiqué au jury dans son plaidoyer final que son client, Mark Kipnis, «est un homme honnête qui travaille fort et en qui on peut avoir confiance».

Selon Me Safer, la théorie de la poursuite voulant que Kipnis ait reçu 150 000$ US pour aider à mettre en place un complot visant à voler les actionnaires de Hollinger International est «totalement fausse» et a en fait été réfutée par le témoin vedette David Radler.

Radler, un ancien dirigeant de Hollinger et associé de longue date de l'ex-magnat de la presse Conrad Black, a témoigné contre les quatre coaccusés en échange d'une réduction de peine.

Selon lui, Black aurait concocté le prétendu plan pour subtiliser une partie des profits lors de la vente de journaux aux États-Unis et au Canada. Kipnis aurait reçu la somme mentionnée en tant que prime pour son dur labeur.

«(Kipnis) a mérité chaque cent de cette prime et plus encore, a affirmé Me Safer, ajoutant que son client avait toujours été transparent quant à ses discussions avec les dirigeants à l'intérieur et à l'extérieur de la compagnie. Mark a fait du mieux qu'il a pu avec l'information qu'il détenait compte tenu de son expérience.»

Selon l'avocat, les procureurs «ont commencé avec une conclusion (...) et puis ont travaillé à l'envers».

L'avocat Michael Schachter, le représentant d'Atkinson, a accusé les procureurs américains d'avoir déformé la réalité pour monter leur plaidoyer contre son client, lequel n'a pas été impliqué dans quelque fraude que ce soit et a même été la personne qui a engagé des personnes de l'extérieur pour jeter un oeil sur des paiements controversés, a-t-il dit.

Les procureurs ont tenté de «tirer le plus de négatif qu'ils pouvaient» des documents contre Atkinson, mais ils n'ont pas réussi à présenter de preuve convaincante, a estimé M. Schachter.

«Il n'y a pas de vraie preuve clé parce qu'il est difficile de trouver des preuves incriminantes contre une personne innocente», a-t-il lancé.

Selon l'avocat, Atkinson est «un homme qui a mené une vie d'honneur et d'intégrité et est maintenant accusé d'avoir fait quelque chose qu'il n'aurait jamais, jamais, jamais fait».

«Tout ce que Peter a construit dans sa vie de travail et de bonnes actions est en jeu, a indiqué Me Schachter, après avoir demandé à Atkinson de se lever pour que les jurés puissent bien le voir. Ceci a été un cauchemar pour lui, et pour sa femme, et ils ont dû vivre avec cela pendant des années.»

Ces plaidoyers finaux faisaient suite à ceux des avocats de l'ex-directeur financier Jack Boultbee et de Black, qui ont aussi estimé que le gouvernement n'avait pas réussi à prouver ce qu'il avançait.

Selon eux, Black a injustement été la cible de ces accusations en raison de sa fortune et de son extravagant style de vie.

Les procureurs allèguent qu'Atkinson, Black, Kipnis et Boultbee ont fraudé leurs actionnaires en empochant illégalement des millions de dollars en paiements qui, selon eux, auraient dû revenir aux actionnaires de Hollinger International.

Ces millions de dollars étaient remis à Hollinger en échange de la promesse que Hollinger International ne lancerait pas de concurrent sur les marchés des journaux vendus pour faire concurrence à leur nouveau propriétaire.

Les avocats du gouvernement auront l'occasion de contredire les avocats de la défense mardi, avant que le juge ne donne ses instructions au jury.

Les jurés devraient commencer leurs délibérations d'ici le milieu de la semaine.

Presse Canadienne

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