La crise du secteur automobile mène Tony Clement à Washington
Mise à jour: 20 novembre 2008 | 20h25
La Presse Canadienne
Le ministre canadien de l'Industrie, Tony Clement, a rencontré des responsables américains représentant de puissants démocrates à Washington, jeudi, dans le cadre d'une mission devant lui permettre d'en savoir davantage sur l'industrie nord-américaine de l'automobile en péril, le jour même où le projet de plan de sauvetage de 25 milliards $ US pour les constructeurs automobiles était bloqué au moins jusqu'en décembre.
Lors d'une conférence de presse tenue sur le toit de l'ambassade du Canada, le Capitole en fond de toile, M. Clement a expliqué s'être rendu dans la capitale américaine afin d'"obtenir un tableau exact de la situation et de voir ce que les constructeurs automobiles et nos homologues américains proposent pour l'industrie".
Accompagné du ministre ontarien du Développement économique, Michael Bryant, M. Clement a ajouté que la crise financière mondiale avait "accéléré la nécessité d'un nouveau modèle d'affaire".
"Les entreprises et les syndicats doivent soumettre un plan pour le succès à long terme de l'industrie (...) personne ne veut se retrouver dans un an là où nous sommes aujourd'hui", a-t-il déclaré.
Le plan de soutien de 25 milliards $ à l'intention du secteur automobile, qu'attendaient désespérément les trois grands constructeurs de Detroit, s'est écroulé jeudi, alors que le Congrès a de nouveau dit non à un plan de sauvetage, les démocrates ayant refusé d'envisager une telle aide avant que les entreprises n'aient soumis un plan convaincant de redressement de l'industrie.
"D'ici à ce qu'ils nous montrent un plan, nous ne pouvons pas leur montrer l'argent", a affirmé la démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, lors d'une conférence de presse organisée à la hâte au Capitol.
GM et Ford ont rapidement émis des communiqués de presse afin de répondre favorablement à la requête des démocrates.
Mme Pelosi et le républicain Harry Reid, leader de la majorité au Sénat, ont affirmé que le Congrès pourrait retourner au travail au début de décembre afin de voter sur une aide aux constructeurs, mais seulement si ces derniers montraient au Congrès qu'ils seraient en mesure d'utiliser les fonds pour rendre leur industrie rentable.
Le rejet du plan _ du moins pour le moment _ rend incertain le sort qui sera réservé à General Motors, Ford et Chrysler, et a envoyé Wall Street à son niveau le moins élevé en près de six ans. La moyenne Dow Jones des 30 valeurs industrielles a perdu 444,83 points et terminé la séance à 7552,45.
MM. Clement et Bryant s'étaient rendus à Detroit, mercredi, pour y rencontrer des dirigeants de l'industrie ainsi qu'en apprendre davantage quant à la gravité de la situation et à l'aide que les gouvernements pourraient apporter au secteur.
L'Ontario, coeur de l'industrie automobile du Canada, serait la province la plus durement touchée si l'un des trois grands constructeurs devait faire faillite.


