Le vendredi 10 février 2012

L’AMF s’en prend à Gold-Quest International

10 septembre 2008 | 04h00
Journal de Montréal 
Les officiers de Gold-Quest, David M. Greene, John Jenkins et Michael McGee, ont utilisé l’essentiel du solde de 7,9 M$ à des fins personnelles, indique la SEC. Photo © Corbis
Alain Bisson
Le Journal de Montréal

L’Autorité des marchés financiers (AMF) tentera de faire interdire les activités de la société Gold-Quest International*, la semaine prochaine, avec quelques mois de retard sur les démarches semblables entreprises par les autorités réglementaires de l’Ontario, du Manitoba, de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et des États-Unis.

L’AMF a indiqué hier qu’elle demandera au Bureau de décision et de révision en valeurs mobilières (BDRVM) d’interdire les opérations sur valeurs liées à Gold-Quest International, mercredi prochain. L’Autorité fait elle-même référence dans son communiqué de presse aux décisions prises avant elle par d’autres juridictions.

Selon nos recherches, les commissions des valeurs mobilières de l’Alberta, du Manitoba et de la Colombie-Britannique ont réagi les premières, début mars.

L’Ontario a prononcé une interdiction à l’endroit de Gold-Quest le 1er avril, alors que la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a convaincu un tribunal de geler les actifs de l’entreprise de Las Vegas au début de mai.

Sylvain Théberge, porte-parole, explique le délai de réaction de l’AMF par deux facteurs : la collaboration hésitante des investisseurs québécois rencontrés et l’entrée en vigueur en juin seulement d’une nouvelle disposition de la loi qui permet dorénavant à l’Autorité de demander l’intervention du BDRVM avec pour seul motif que des organismes réglementaires voisins ont déjà adopté des mesures contre une société ou ses représentants.

La chaîne de Ponzi

Dans un communiqué émis le 7 mai, la SEC avance que Gold-Quest International a réussi, depuis 2006, à engranger plus de 27 M$ US en utilisant la chaîne de Ponzi. Le stratagème, basé sur le principe de la pyramide, est devenu un classique.

Ses promoteurs sollicitent les investissements de particuliers en leur faisant miroiter des intérêts mirobolants – 87,5 % dans le cas de Gold-Quest – et leur proposent également une rétribution en échange du recrutement de nouveaux investisseurs. Les fonds recueillis ne sont pas investis comme promis mais servent plutôt à payer en partie les sommes dues aux « recruteurs ».

Selon la SEC, plus de 19,1 M$ US des 27 M$ US recueillis par Gold-Quest ont été versés en commissions à ceux et celles qui ont fait tourner la roue et nourri la bête.

Les officiers de Gold-Quest, David M. Greene, John Jenkins et Michael McGee, ont utilisé l’essentiel du solde de 7,9 M$ à des fins personnelles, indique la SEC.

* À ne pas confondre avec GoldQuest Mining Corp., qui est inscrite à la Bourse TSX.

abisson@journalmtl.com

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