Le lundi 13 février 2012

Stephen Harper propose de baisser la taxe d'accise sur le diesel

9 septembre 2008 | 14h00
ARGENT 
 Photo © Corbis

En vidéo, écoutez les précisions du courriériste parlementaire de TVA à Ottawa, Yves Malo.

Par Fannie Olivier

La Presse Canadienne

WINNIPEG _ Le chef conservateur Stephen Harper a fait mardi un pied-de-nez aux environnementalistes, et plus encore aux libéraux de Stéphane Dion, en annonçant son intention de baisser la taxe d'accise sur le diesel et sur le carburant des avions.

Alors que le chef libéral a placé sa taxe sur le carbone au coeur de sa campagne, M. Harper a annoncé qu'un gouvernement conservateur abaisserait la taxe sur le diesel de 4 à 2 cent le litre en quatre ans, s'il était reporté au pouvoir.

A ceux qui craignent l'effet néfaste de cette mesure sur le réchauffement planétaire, M. Harper a répliqué que l'impact serait «négligeable», sans pour autant être en mesure de fournir des détails sur les conséquences que cette baisse de taxe aurait sur l'environnement.

Le chef conservateur, qui avait choisi comme toile de fond un hangar de Winnipeg remisant sacs de pommes de terre, de carottes et de fenouil, a expliqué que cette diminution permettrait, selon lui, de limiter les augmentations du prix des denrées alimentaires, notamment, en faisant chuter le coût de leur transport.

«En cette période où les Canadiens s'inquiètent de l'augmentation du prix des biens et de l'énergie, nous devrions faire tout ce que nous pouvons pour réduire les prix», a-t-il soutenu, en ce troisième jour de campagne.

Cette mesure priverait le gouvernement fédéral de 600 millions $ lorsqu'elle serait pleinement mise en oeuvre.

M. Harper a fait, depuis son arrivée au pouvoir, le choix des baisses directes des taxes à la consommation. Il a fait passer la TPS de 7 à 5 pour cent au cours de son dernier mandat, même si plusieurs économistes s'entendent sur le fait qu'une simple réduction des impôts sur le revenu est plus efficace pour stimuler l'économie.

Mais en plus d'être à première vue attirante pour les consommateurs, cette promesse du chef conservateur comporte un deuxième volet non négligeable pour M. Harper qui cherche a agrandir le fossé existant entre son adversaire libéral et lui.

Ainsi, il ne rate jamais une occation d'exposer les différences entre leur vision respective de l'économie et se pose en défenseur de mesures qu'il décrit comme étant modestes, sans grand risque.

«Notre plan prévoit un allégement fiscal, leur plan prévoit une hausse des taxes (...) Notre plan est modeste, leur plan est grandiose. Notre plan est pratique, leur plan est purement théorique», a lancé le chef conservateur en référence au «Tournant vert» de M. Dion.

«M. Dion dit qu'il veut taxer de mauvaises choses. C'est une mauvaise chose que des gens veulent réchauffer leur maison, que des biens vont être transportés aux consommateurs ou qu'il y ait des voyages en avion ou par bateau pour aides les affaires?», a-t-il également demandé.

L'annonce a fait bondir les environnementalistes et autres défenseurs du protocole de Kyoto sur les réductions des gaz à effet de serre. En entrevue téléphonique, le porte-parole d'Equiterre, Steven Guilbeault, n'a pas hésité à la qualifier «d'anti-environnementaliste».

«Toute personne qui se dit préoccupée par les changements climatiques ne peut pas proposer cela en toute bonne conscience», a lâché M. Guilbeault. Il affirme que, de toute façon, cette mesure n'aura aucun impact significatif puisque le prix du brut ne cesse de grimper.

M. Harper ne compte plus sur le vote des défenseurs de l'environnement depuis longtemps, lui qui a tourné le dos au protocole de Kyoto sur les réductions de gaz à effet de serre. En revanche, cette mesure, si elle est mise en vigueur, risque de plaire aux camionneurs, durement affectés par la hausse des carburants, aux agriculteurs et aux pêcheurs.

Les conservateurs auront ainsi un argument de plus pour tenter de ravir les circonscriptions rurales qui leur font encore défaut.

Après Winnipeg, le chef conservateur devait s'envoler mardi pour Toronto, un milieu urbain où sont parti est nettement moins bien implanté.

Les plus populaires