Québec soutient qu'Ottawa doit aussi faire sa part
La PRESSE CANADIENNE
QUEBEC -- Le gouvernement du Québec soutient qu'Ottawa doit également faire sa part pour améliorer la situation du logement au Québec, évitant cependant de faire référence à la crise du logement largement décriée par le FRAPRU.
La ministre des Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau, a souligné samedi que le gouvernement du Québec assume déjà une grande part de l'aide au logement et à la rénovation. Pour elle, la province, l'une des plus dédiées à l'aide au logement, ne peut assumer seule l'ensemble de sa responsabilité en matière d'habitation.
La ministre Normandeau affirme que le gouvernement Charest soutient annuellement 230 00 ménages et familles de la province, ce qui représente une somme de 720M$. Elle reconnaît cependant qu'il reste encore du travail à faire, notamment pour aider les familles comptant plusieurs enfants et les personnes seules à se trouver un logement, même si la situation s'est améliorée depuis quelques années.
Elle souligne également que des rencontres auront lieu cet automne à Terre-Neuve-et-Labrador, entre les provinces et le fédéral, pour discuter des enjeux en matière d'habitation.
Le gouvernement du Québec n'est pas le seul à déplorer l'inaction d'Ottawa. Lors d'une manifestation organisée samedi à Québec, le porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant, a rappelé que le gouvernement de Stephen Harper, depuis son arrivée au pouvoir, n'a pas investi d'argent neuf pour financer de nouveaux logements sociaux.
Même s'il concède que Québec fait plus que les autres provinces, il affirme que les 24 000 nouveaux logements annoncés dans le budget sont toujours insuffisants pour combler les besoins.
À l'approche du 1er juillet, période privilégiée par les Québécois pour déménager, le FRAPRU note que la crise du logement persiste dans plusieurs régions de la province.
À Québec, Trois-Rivières et Saguenay, entre autres, la pénurie sévit avec beaucoup de vigueur. Les taux d'inoccupation se situent entre 1,1% et 1,8%.
Si la crise s'est atténuée à Montréal, où le taux d'inoccupation se situe autour de 2,5%, la situation est plus critique à l'extérieur des grands centres. Par exemple, à Gaspé le taux d'inoccupation est à peine de 0,2%, à Thetford Mines il est de 0,4% et à Amos de 0,5%.
Le porte-parole du FRAPRU, François Saillant, estime que la région de Québec se trouve notamment dans une situation particulière. Il croit qu'en raison des célébrations du 400e, certains propriétaires sont plus enclins à louer leurs appartements à des touristes, pour de courtes durées, ce qui rend le marché plus restreint.
Par ailleurs, M. Saillant souligne que plusieurs personnes ont manifesté samedi à Québec pour marquer la fin du Camp des 4-Sans. Le camp, érigé dans le Parc de l'Amérique française plus tôt cette semaine, se voulait une façon de faire pression sur les gouvernements pour les amener à réagir sur la question du logement.

