D’autres partenaires pour Manitoba Telecom?
Mathieu Bruckmüller
Sitôt l'annonce par Manitoba Telecom de la dissolution d'un consortium constitué en vue des enchères pour le sans-fil de 3ème génération, un analyste s'interroge si l'entreprise n'est pas à la recherche d'autres partenaires. Du même souffle, Rob Goff, de Haywood Securities, estime que l'opérateur constitue une cible de choix pour sa rivale Telus.
Les règles du processus d'enchères n'autorisent pas MTS à divulguer les raisons qui l'ont amenée à rompre la coentreprise avec l'Office d'investissement du RPC et Blackstone Capital Partners. Les trois parties n'ont pas su s'entendre sur « certains points clés », a laconiquement indiqué le chef de la direction de MTS Allstream, Pierre Blouin. Dans ce contexte, MTS s'est-elle séparée pour se donner plus de flexibilité ou pour donner de l'espace à d'autres partenaires, spécule Rob Goff, sans identifier les joueurs potentiels. En effet, MTS Allstream reste admissible à la présentation d'une soumission à titre de nouveau venu pour l'attribution du spectre réservé aux services sans fil évolués et demeure le seul propriétaire bénéficiaire de la société à numéro enregistrée antérieurement par le consortium.
Rumeurs de partenariat
Déjà, en février, les spéculations allaient bon train sur un partenariat, notamment, entre MTS et Vidéotron. À l'époque, Quebecor Média confirmait avoir été approchée par plusieurs joueurs désireux de faire leur entrée dans la téléphonie sans fil. De son côté, MTS avait avoué un peu plus tôt avoir contacté d'autres sociétés à cet effet.
Dans un premier temps, Vidéotron indiquait vouloir consacrer 500 M$ pour bâtir son propre réseau au Québec. Elle n’a jamais caché son intérêt pour un réseau national. Rob Goff avance de son côté que MTS pourrait constituer une cible attrayante pour Telus en raison de synergies et d'économies d'échelles. «Nous considérons qu'une offre disciplinée de Telus peut avoir du sens au plan économique pour les deux parties. Cependant, nous pensons que Telus ne considérera qu'une offre disciplinée. Une offre à 52 $ serait accréditive et stratégique pour les actionnaires de Telus», écrit l'analyste. En milieu de journée, le titre de MTS était stable à la Bourse de Toronto, à 41,64$.
Tous ne perçoivent pas la dissolution du partenariat dans Manitoba Telecom comme une opération visant à faire entrer de nouveau partenaires. Pour Peter Rhamey, la fin du partenariat entre MTS et ses deux acolytes, va réduire la capacité du groupe manitobain à proposer une offre agressive lors des enchères qui débutent mardi prochain. Une bonne nouvelle pour les nouveaux entrants, croit l'analyste de BMO Marchés des capitaux, puisqu’ils n'auront pas à faire face à un concurrent aussi bien financé. Il en va de même pour les joueurs établis à l'instar de Telus.


