Le mercredi 4 novembre 2009

L'année 2008 s'annonce mal dans la foresterie

23 décembre 2007 | 12h50
ARGENT 
 © Corbis

Craig Wong
La Presse Canadienne

Il est difficile de voir comment l'année 2007 aurait pu être plus désastreuse pour le secteur canadien de la foresterie.

Le huard qui atteint la parité avec le dollar américain, un marché de l'immobilier qui s'effondre au sud de la frontière, une nouvelle taxe sur les exportations, le prix du bois d'oeuvre qui plonge, une épidémie de dendrochtone du pin... la liste est longue.

Et la lumière au bout du tunnel pourrait bien être le phare d'un train, puisque plusieurs experts prévoient une année 2008 difficile et n'entrevoient aucun revirement de la situation avant 2009.

«Je pense que personne n'attend de redressement l'an prochain et ce sera une année assez difficile, a dit Ric Slaco, de la forestière International Forestry Products (TSX:IFP), un important producteur de bois de la côte Ouest. Il y aura d'autres regroupements et d'autres rationalisations, d'après moi, en conséquence des coupures qui surviendront pour réduire l'offre.»

L'automne dernier a été particulièrement difficile, les entreprises multipliant les annonces de fermetures, permanentes ou temporaires, de moulins, dans le but de réduire leur production. Des dizaines de milliers d'employés ont perdu leur emploi dans ce secteur, de la Colombie-Britannique jusqu'à Terre-Neuve-et-Labrador. L'industrie a toutefois demandé, et obtenu, l'aide financière des gouvernements pour amortir le choc.

Dans l'Est du Canada, AbitibiBowater a fermé plusieurs moulins et a réduit sa production d'un million de tonnes, des décisions qui ont eu des répercussions sur quelque 2600 travailleurs.

L'analyste Kevin Mason, de la firme Equity Research Associates, attend lui aussi de nouvelles restructurations et de nouvelles faillites en 2008.

«L'éviscération de l'industrie canadienne du papier et des produits forestiers se poursuivra pendant 2008», a-t-il dit.

M. Mason inclut notamment la québécoise Tembec au nombre des entreprises qui pourraient connaître une année 2008 difficile.

«On dirait que Tembec est parmi les prochaines candidates», a-t-il dit.

Craig Campbell, de la firme PriceWaterhouseCoopers, explique de son côté que les conditions de base sont alignées contre l'industrie.

«Ce qui est unique, cette fois-ci, c'est qu'on ne prévoit pas la fin du cycle en 2008, presque personne ne prévoit de redressement avant 2009, et on parle donc d'un cycle très prononcé et très prolongé», a-t-il dit.

M. Campbell ajoute que même l'industrie de la pâte de papier, qui profitait de prix établis en dollars américains, a vu ses profits et ses revenus minés par la robustesse du dollar canadien.

M. Slaco, qui travaille dans ce secteur depuis 30 ans, a vu sa part de fluctuations. Mais il affirme que la situation est différente cette fois-ci, parce que si l'économie en général va très bien, l'industrie forestière périclite en raison de la faiblesse du marché immobilier américain.

«On n'a pas besoin de parler à bien des gens ou de consulter bien des états financiers pour réaliser que l'industrie est confrontée à une des périodes les plus difficiles de son histoire», a-t-il dit.

Mais M. Slaco, qui a survécu à la dégringolade du début des années 1980, décèle quand même un aspect positif à la situation actuelle.

«C'est pendant ces périodes difficiles que j'en ai appris le plus au sujet des gens, des compagnies, comment on peut traverser une période dure pour renouer avec le succès si on a la bonne attitude, a-t-il dit. Ce n'est pas très beau dehors, mais c'est vraiment une occasion d'effectuer des changements quand ça va mal.»

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