Le samedi 21 novembre 2009

Santé: la privatisation est possible au sein du secteur public

23 août 2007 | 06h56
ARGENT 
 © Randy Faris/Corbis

Presse canadienne

Le nouveau président de l'Association médicale canadienne estime que le régime public de santé au pays se dirige vers une crise qu'une implication accrue du secteur privé pourrait atténuer.

Dans son discours inaugural à l'assemblée annuelle de l'AMC, mercredi, le docteur Brian Day a affirmé que la pratique consistant à confier des services de santé aux cliniques privées n'est pas nouvelle, et qu'elle a contribué à réduire les listes d'attente.

«Les Canadiens devraient avoir le droit de contracter une assurance médicale privée lorsque le système public ne leur assure pas un accès aux soins en temps opportun», a-t-il déclaré aux applaudissements d'environ 270 délégués.

Le Dr Day, un chirurgien orthopédiste de Vancouver, a rappelé que cette question avait fait l'objet d'un arrêt de la Cour suprême du Canada au Québec, dans la cause du Dr Jacques Chaoulli. La cour avait invalidé l'interdiction de contracter une assurance privée au Québec, disant qu'elle contrevenait à la Charte provinciale des droits.

Dans certaines provinces, des travailleurs blessés sont soignés dans des établissements privés, a dit le Dr Day. Les commissions provinciales des accidents du travail économisent ainsi des millions de dollars en salaires, et en plus, on évite l'allongement des listes d'attente, a-t-il soutenu.

Le Dr Day, qui a ouvert la première clinique chirurgicale privée au pays en 1995, a souvent été critiqué pour ses positions pro-privatisation, dont certains disent qu'elles pourraient ouvrir la voie à un système à but lucratif semblable à celui en vigueur aux États-Unis.

Mais devant les délégués de l'association représentant 65 000 médecins canadiens, il a assuré que personne de sa connaissance ne souhaite voir l'adoption d'un système à l'américaine. Le débat àpublic contre privé§ n'est pas pertinent et est contre-productif, a-t-il avancé.

Il faut changer le statu quo, a poursuivi l'orateur, parce que la dégradation de l'état de santé de la population vieillissante aura un impact socio-économique important sur l'avenir du pays.

Néanmoins, a-t-il ajouté, la capacité de payer ne devrait jamais entrer en ligne de compte pour ceux qui ont besoin de soins au Canada.

Il s'est dit résolument en faveur de l'universalité du système, ajoutant que celui-ci doit quand même être revu. Il a aussi appelé à la modernisation de la Loi canadienne sur la santé, faisant valoir qu'elle est basée sur des principes datant de plus de 40 ans qui ne répondent plus aux besoins de la population d'aujourd'hui.

Les provinces doivent aussi modifier la façon dont les hôpitaux sont financés, parce que ceux-ci monopolisent l'argent dévolu au budget de la santé, a aussi proposé le Dr Day. Ce dernier est partisan du mode britannique de financement des hôpitaux, qui se font concurrence pour les fonds publics sur la base du nombre de procédures pratiquées.

Il a dit que le Canada pourrait adapter ce modèle, même si celui-ci, a-t-il admis, connaît certains problèmes. Mais Guy Caron, porte-parole du Conseil des canadiens, a déclaré qu'il est trop simpliste de dire que les modèles appliqués par d'autres pays peuvent être implantés ici. La Grande-Bretagne et la France, qui ont toutes deux un système de soins combinant le public et le privé, ont embauché davantage de médecins pour réduire leurs listes d'attente, a-t-il dit.

Au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, où on a introduit le privé dans le système de santé, cela a échoué et on s'efforce actuellement de ramener plus de services publics dans le système, a-t-il dit.

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