Banques: 19 milliards en profits et ça continue
Géraldine Martin
Le Journal de Montréal
L'année s'achève en fanfare pour les six grandes banques canadiennes, qui ont dégagé des profits nets records de 19 G$ en 2006, soit 58% de plus qu'en 2005.
C'est la Banque Royale (RY) qui a mené le bal cette année avec des profits nets de 4,7 G$, en hausse de 40%. À elle seule, elle a généré le quart des profits des six grandes banques canadiennes.
Le plus fort taux de croissance revient toutefois à la Banque Toronto-Dominion (TD), qui a doublé ses profits nets, atteignant 4,6 G$.
Les autres banques ont engrangé des profits allant de 871 M$ pour la Nationale (NA), la plus petite des grandes banques, et 3,5 G$ pour la Scotia (BNS), la plus internationale de toutes. Un tiers de sa rentabilité provient de l'extérieur du pays.
Hypothèques, crédit et fusions
En général, les banques ont profité de la bonne santé du marché immobilier, qui leur a permis d'accroître leur portefeuille de prêts hypothécaires. La Banque Nationale, par exemple, comptait 21,5 G$ en prêts hypothécaires au 31 octobre 2006, contre 20,7 G$ l'an dernier.
Les banques ont aussi fait de bonnes affaires grâce aux cartes de crédit, les consommateurs ne lésinant pas sur la dépense. Fin octobre, les clients de la Banque CIBC détenaient 11,7 G$ dans leur crédit, en hausse de 900 M$ par rapport à la même période l'an dernier.
Mais ce n'est pas tout. Il y a également eu beaucoup de fusions et acquisitions dans le monde cette année.
Et grâce à ces transactions dont la valeur a atteint le record de 3 368 G$ US dans le monde depuis le début 2006 (selon la firme de conseil britannique Dealogic), les banques ont donné davantage de conseils et donc perçu plus d'honoraires.
Par exemple, rien qu'au quatrième trimestre, la Banque Toronto Dominion (TD) a agi comme conseiller dans le cadre de sept transactions valant 3,17 G$, contre cinq l'an dernier évaluées à 1,89 G$ (Bloomberg).
Perspectives positives
Malgré de tels résultats financiers, les banques pourraient encore se dépasser l'an prochain. «Elles devraient encore bien faire cette année car l'économie canadienne est en santé», juge Ian Nakamoto, directeur de la recherche chez le gestionnaire de portefeuille montréalais MacDougall, MacDougall McTier.
Le spécialiste souligne que la qualité du crédit est très bonne et que le taux de chômage est très bas.
«Lorsque les gens travaillent, ils consomment et c'est bon pour les banques», rappelle-t-il.
Du côté des marchés boursiers, les actions des banques ont toutes progressé depuis un an : de plus de 25% pour la Royale et la CIBC et autour de 12% pour la Nationale, la TD et la Scotia.
En queue de peloton, on retrouve l'action de la Banque de Montréal, qui s'est appréciée de 9%. Une année record pour les six grandes banques canadiennes, dont les profits ont atteint 19 G$ en 2006.
Banque Nationale du Canada 0,871 G$
Banque Scotia 3,549 G$
BMO Groupe Financier 2,663 G$
CIBC 2,646 G$
Groupe Financier Banque TD 4,581 G$
Groupe Financier RBC 4,728 G$
TOTAL : 19,038 G$
Les profits des six grandes banques canadiennes ont doublé en sept ans.
2006 : 19,038 G$
2005 : 12,048 G$
2004 : 13,065 G$
2003 : 11,070 G$
2002 : 6,982 G$
2001 : 9,683 G$
2000 : 9,651 G$
Sources : Association Des Banquiers Canadiens, Le Journal

