Le vendredi 10 février 2012

L'accessibilité résidentielle diminue au Québec

25 mai 2010 | 07h37
Mise à jour: 25 mai 2010 | 17h47
 
Louis-Pierre Côté
Argent

L'activité soutenue du marché immobilier au Québec a fait grimper les coûts d'achat des propriétés au cours du premier trimestre, réduisant du même coup l'accessibilité.

 

L'indice d'accessibilité à la propriété de RBC pour la province qui mesure la proportion du revenu avant impôts qu'un ménage doit consacrer aux coûts de la possession d'un logement, a augmenté dans toutes les quatre catégories d'habitation pour les mois de janvier à mars.

Ainsi, l'indice d'accessibilité d'un bungalow détaché, qui fait office d'étalon, a progressé à 34,8%, en hausse de 0,5% par rapport au trimestre précédent, alors que celui d'une maison en rangée standard a avancé à 29,1%, ce qui représente une hausse de 0,4%.

Pour un appartement en copropriété standard, l'indice s'est affiché en hausse de 0,4% pour s'établir à 28,6% et celui d'une maison à deux étages standard de 0,5% à 41,6%.

Dans la région de Montréal, le coût plus élevé de la propriété a fait grimper les indicateurs d'accessibilité de RBC pour la région entre 0,6 et 0,9%. Les reventes immobilières sont soutenues depuis le printemps de 2009 et le rapport indique que le marché pourra difficilement maintenir son puissant élan puisque la détérioration de l'accessibilité à la propriété influera sur l'activité d'achat.

Globalement, pour Montréal, l'indice est en hausse de 0,9% à 39,7%. En comparaison, il est de 49,1% à Toronto et de 73,4% à Vancouver.

Plus l'indice est élevé, plus il en coûte cher d'acquérir et de détenir une propriété. Ainsi, un indice d'accessibilité de 50% signifie que les coûts de propriété, y compris les versements hypothécaires, les services publics et les impôts fonciers, absorbent 50% du revenu mensuel avant impôts d'un ménage type.

Robert Hogue, économiste principal des Services économiques RBC, reconnaît que «le marché immobilier résidentiel est en pleine effervescence, la demande est très forte et les prix ont augmenté de façon substantielle. Lorsque l'on regarde ce qui s'en vient avec les taux d'intérêt, il est fort probable que ça continue à se détériorer.»

L'inquiétude n'est pas à court terme, précise le spécialiste. «Je regarde surtout dans 12 ou 18 mois, quand les taux auront augmenté. À ce moment-là, je serais porté à croire que les prix seront difficiles à soutenir. Il va falloir qu'il y ait une forte croissance du revenu des ménages pour compenser. Ça va créer un certain stress sur la demande et ça pourrait au moins stabiliser les prix.»

Comment la Banque Royale fait-elle ses calculs ?

«Ce sont les paiements d'hypothèque établis selon les prix des habitations, en utilisant les taux qui prévalent, explique M. Hogue. Lorsqu'on applique ça avec une mise de fonds de 25% et un amortissement de 25 ans, on établit un paiement qui sert de repère.»

Le maximum souhaitable qu'un ménage doit payer est 32 ou 33% de son revenu brut.

Les plus populaires