Un "gourou financier" accusé d'avoir fraudé des clients
Mise à jour: 7 mai 2010 | 16h11
Gérard Samet
Argent
L’Autorité des marchés financiers poursuit au pénal Marcel Pontbriand, un homme d’affaires de Beloeil. L’homme qui «utilise une approche de gourou», selon le porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge, «est accusé d’avoir abusé de milliers d’investisseurs pour un préjudice global estimé de 650 000 $».
Marcel Pontbriand se serait fait remettre des sommes d’argent considérables en échange de titres de sociétés à risque. Les poursuites de l’AMF lui reprochent d’avoir menti sur la prétendue admission à la cote boursière des actions de la société québécoise Newtech qui devait mettre sur le marché un système de freinage révolutionnaire.
La police des marchés financiers met également en cause Pontbriand pour des placements illégaux d’actions sans prospectus et du courtage sans y être autorisé.
L’Autorité des marchés financiers poursuit aussi une ancienne collaboratrice de Pontbriand, Marjolaine Charpentier, qui l’aurait aidé à placer les actions auprès d’investisseurs.
«L’enquête a été longue et difficile», précise Sylvain Théberge. «Il s’agissait de pouvoir présenter un dossier crédible et des preuves concrètes devant la Cour du Québec. La difficulté provenait du manque de preuves. Pontbriand avait un véritable ascendant sur les gens floués. Il leur proposait de participer à plusieurs projets d’affaires. Nombre de personnes consentaient aux transactions par crédulité. Ses victimes lui confiaient leur argent sans recevoir de reçu ou de certificat».
L’AMF a décidé d’aller de l’avant dans les poursuites, même si l’homme s’est réfugié en Arizona, à une adresse inconnue, en compagnie d’une vingtaine de personnes qui seraient sous son influence.
Pontbriand sera convoqué à comparaître devant la Cour du Québec en sa dernière adresse connue au Québec et par annonces dans les journaux. Il aura trente jours pour enregistrer son plaidoyer. S’il ne se présente pas à la Cour, un jugement par défaut pourra être prononcé contre lui. Il risque une amende de 250 000 $.
L’enquête contre l’homme d’affaires québécois de cinquante ans a duré environ 4 ans. Des investisseurs avaient porté plainte en ayant perdu leur investissement dans la société Newtech, présentée comme devant mettre sur le marché un frein révolutionnaire. Selon Sylvain Théberge, «il n’y a aucun espoir de retrouver l’argent qui avait été confié à Marcel Pontbriand».



