Les cartes de crédit, une bénédiction ou une malédiction pour les jeunes
David Friend
LA PRESSE CANADIENNE
Les cartes de crédit présentent des avantages certains, mais peuvent facilement devenir un lourd fardeau pour les jeunes Canadiens.
Les cartes de crédit peuvent aider le détenteur à hausser sa cote de crédit en vue de l'achat d'une maison ou d'une voiture. Mais les programmes de points bonis risquent aussi de plonger les jeunes consommateurs dans les profondeurs de l'endettement.
«La plus grande erreur que les jeunes font est d'utiliser leur carte de crédit pour accroître leur train de vie, a soutenu Clay Gillespie, conseiller financier de Rogers Group Financial, à Vancouver. Ils dépensent plus que ce qu'ils gagnent, et ils paient 18 % d'intérêt là-dessus. Les effets sont encore ressentis cinq à sept ans après l'usage de la carte.»
Des observateurs ont souligné que plus de jeunes Canadiens détenaient des cartes de crédit que jamais auparavant et que cela établissait un dangereux précédent. Parfois, certains parents signent pour leurs enfants alors qu'ils n'ont pas encore atteint l'âge adulte et les laissent se démêler dans le monde du commerce.
Des experts de la finance soutiennent également que les mauvaises habitudes prises à l'adolescence peuvent persister dans la vie adulte.
«Certaines personnes estiment que si elles ont 500 $ en crédit, elles ont 500 $ en argent liquide. Ce qui n'est pas le cas», a rappelé le conseiller financier chez Edward Jones, John Nardi.
Il a fait valoir qu'en peu de temps, des «achats raisonnables en apparence peuvent devenir très dispendieux» si les factures impayées font grimper les intérêts.
M. Nardi recommande aux jeunes utilisateurs d'éviter les cartes promettant de belles récompenses telles que des bonis voyages ou des cadeaux, car elles requièrent souvent des frais annuels additionnels. Le conseiller financier a aussi dit croire que ces cartes conviennent mieux aux utilisateurs expérimentés, étant donné qu'elles peuvent accroître les risques de dépenses excessives.
M. Nardi a également souligné qu'une demande rejetée pour une carte de crédit affectait sa cote de crédit. Il faut donc éviter de réclamer une carte dont on n'a pas besoin ou qu'on risque de se voir refuser.
Avoir plusieurs cartes de crédit peut aussi nuire quand viendra le temps de demander un prêt pour l'achat d'une maison ou d'un véhicule. «La banque regarde votre marge de crédit de 5000 $ ou 10 000 $ comme de l'argent que vous avez déjà dépensé», a-t-il noté.
Il serait donc judicieux de proscrire les cartes additionnelles dont on n’a pas besoin, incluant celles offertes par les commerces de détail, qui présentent habituellement des taux d'intérêt très élevés en échange de rabais très minces.

