Le lundi 21 mai 2012

Les impôts coûtent plus cher que les besoins essentiels

26 avril 2011 | 09h32
Mise à jour: 26 avril 2011 | 17h16
 

Simon Lord
Argent

Depuis près de 50 ans, les familles canadiennes subissent une véritable saignée du gouvernement. Si leurs besoins de logement, de vêtements et de nourriture coûtent cher, leurs taxes et impôts représentent une dépense encore plus importante.

 

En 1961, la famille moyenne au Canada consacrait 33,5% de son revenu au paiement d’impôts et de taxes, révèle une étude de l’Institut Fraser. « Aujourd’hui, cette proportion est passée à 41,3% », dit Filip Palda, économiste principal.

Les besoins essentiels pour une famille moyenne gagnant 72 393$ représentent aujourd’hui 34% du revenu familial. Il y a 50 ans, cette proportion était plutôt de 56,5 %.

Au final, la proportion de revenus après impôts, taxes, et besoins essentiels est passée de 90 % à 75 %.

« La charge fiscale totale de la famille canadienne moyenne a augmenté de 1 686 % depuis 1961, beaucoup plus rapidement que les dépenses reliées aux besoins essentiels », rappelle Filip Palda. La situation est encore pire au Québec, ajoute-t-il.

Alors que les dépenses de logement des familles canadiennes augmentaient de 1 175 %, les dépenses de nourriture grimpaient de près de 500 %, soit, environ autant que les sommes déboursées pour les vêtements.

Les dépenses allouées au paiement des impôts et taxes sont encore plus importantes si les sommes reliées au déficit sont incluses dans le calcul. La charge fiscale passe alors de 29 913$ à 33 275$.

« Cela signifie que la hausse véritable, depuis 1961, est plutôt de 1 887 %, car les déficits du gouvernement devront être payés un jour ou l’autre », précise Filip Palda.

Biais idéologique

L’Institut Fraser ne raconte pas toute l’histoire, s’insurge Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques.

« Nous sommes encore dans le délire Fraser, dit-il. Ils incluent les taxes aux entreprises, les redevances sur les ressources naturelles et les tarifs dans leur calcul. Tous des poids fiscaux qui ne sont pas supportés par le contribuable. »

La famille moyenne québécoise n’est pas dans une situation aussi mauvaise que le croit l’Institut Fraser, estime Simon Tremblay-Pepin.

Une étude du fiscaliste Luc Godbout, publiée la semaine dernière, indiquait que les familles québécoises avaient plutôt la charge fiscale nette la plus basse de tout le G7.

« Une famille avec deux enfants a une charge négative de 0,6 %, ce qui signifie qu’elle reçoit un peu d’argent, sans en envoyer au gouvernement. La moyenne du G7 est à 16,1 % », illustre Simon Tremblay-Pepin.

Un avertissement

Les gens font plus d’évasion fiscale lorsqu’ils ont l’impression de recevoir des services de qualité moindre, explique M. Palda, se basant sur d’autres études qu’il a menées.

« Or, les listes d’attente s’allongent et les écoles ne s’améliorent pas beaucoup, malgré les paiements d’impôt qui augmentent », dit-il.

La crise en Grèce représente, selon lui, un avertissement pour le Canada, mais aussi pour le Québec, où la pression fiscale est plus élevée qu’ailleurs au pays.

« Les problèmes d’évasion fiscale constituent ce qui a précipité la crise dans ce pays. Les gens ne croyaient plus au système. Ils fraudaient donc leurs taxes et impôts, ce qui a gravement accru l’endettement », rappelle Filip Palda.

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