Le Toronto Star prépare des compressions
Michel Munger
Argent
Le quotidien Toronto Star va faire l'objet d'une restructuration qui n'exclut pas l'impartition d'une partie du travail, ce qui ne manque pas d'inquiéter ses employés syndiqués.
Le journal fondé en 1892, qui appartient au groupe Torstar (TS.B), a en effet informé ses employés des changements à venir, offrant des départs volontaires au sein de tous ses services. Le quotidien n'exclut pas des mises à pied. Il explore aussi la possibilité d'une impartition, soit le recours à une tierce partie pour du travail habituellement effectué à l'interne.
Comme la plupart des médias, le Star est aux prises avec les maux d'une industrie lourdement pénalisée par la crise financière et la récession, qui ont troublé le marché publicitaire. En même temps, des lecteurs migrent vers Internet, un média moins rentable, pour lire les nouvelles.
L'éditeur John Cruickshank a donc fait savoir à ses employés que l'entreprise doit abaisser ses coûts d'exploitation autant que possible. Il leur donne jusqu'au 30 novembre pour se prévaloir de l'offre de départ volontaire. Sinon, des décisions seront prises d'ici le 7 décembre.
Les syndiqués ont exprimé leurs craintes par voie de communiqué. Ils anticipent l'impartition d'une centaine d'emplois, soit près du tiers de la salle de rédaction. Environ 60 postes de plus en pré-impression seraient aussi visés.
L'impartition n'est pas nouvelle au quotidien torontois, qui a déjà fait migrer des emplois vers l'Inde et vers Buffalo.
«Les lecteurs seront choqués d'entendre que des aspects clés du journalisme quotidien, un rôle vital joué dans notre société, sont maintenant en voie d'être envoyés ailleurs», déclare Maureen Dawson, présidente du syndicat.
«Le journalisme est un travail de collaboration, le produit d'une équipe de reporters, photographes et éditeurs afin de produire le genre d'activisme qui a servi les lecteurs et notre communauté si bien et si longtemps, ajoute-t-elle. Enlever un élément critique de ce travail veut dire en donner moins à tous ceux qui en dépendent.»
La partie syndicale entend proposer des solutions de rechange à ce «plan mal avisé» afin de protéger des emplois au Canada, ajoute Mme Dawson.
L'action de Torstar a perdu 1,7% à 7,46 $ mardi à la Bourse de Toronto.


