Le samedi 21 novembre 2009

Touchés par la crise, les cabinets d’avocats s’en sortent

3 juillet 2009 | 16h09
ARGENT
Michel Munger
Argent

La récession n’épargne pas les cabinets d’avocats. La meilleure preuve de cela, c’est que le cabinet montréalais Osler Hoskin & Harcourt a mis à pied 23 personnes au pays la semaine dernière et que le secteur voit le niveau d’activité changer grandement selon les spécialités.

 

Les mises à pied chez Osler touchent le personnel administratif comme des secrétaires et autre personnel de soutien parce que les différentes activités de ce bureau vivent une dynamique complètement différence de celle des dernières années. Osler a suivi l’exemple de Gowling Lafleur Henderson, entre autres, pour s’adapter.

L’associé directeur du bureau de Montréal chez Osler, Shahir Guindi, se fait toutefois rassurant quand Argent lui demande si la récession poussera le cabinet à licencier des avocats.

«Du côté des professionnels, non. Il n’y a pas de plan [à cet égard]. Mais comme vous l’avez vu, nous voulons être une entreprise efficace et nous menons une restructuration du personnel administratif. Elle touche seulement trois personnes sur les 180 à Montréal.»

Essentiellement, la récession bouleverse le fonctionnement des cabinets. Les services en demande pendant les années de boom le sont moins.

«Si l’on parle de transactions comme les fusions et acquisitions ou les appels à l’épargne, explique Me Guindi, il est clair qu’il y a moins de transactions. Le fort ralentissement fait en sorte que les professionnels qui oeuvrent dans ces secteurs sont moins occupés.

«Par contre, ajoute-t-il, nous sommes suffisamment diversifiés. Les avocats spécialisés en restructuration, insolvabilité et litige, sont très occupés. C’est l’avantage des grands cabinets. Nous sommes chanceux, notre offre est bien diversifiée. Le cabinet va très bien. Le risque est bien géré.»

Le plus gros cabinet au Québec, Ogilvy Renault, vit les mêmes réalités, tel que le confirme son président, Norm Steinberg.

«Les années 2006 et 2007 ont été les plus actives dans le monde en matière de fusions et acquisitions avec des transactions comme celles d’Alcan, d’Inco, de Shell Canada et plusieurs autres. Ces années ont été incroyables car il fallait financer les transactions.»

Mais quand la crise du crédit a éclaté, reconnaît Me Steinberg, le marché de la dette s’est détérioré très rapidement. Financer une acquisition devenait très difficile. «Depuis deux ans, c’est tranquille. Chez nous, nous avons remplacé cela par des restructurations comme celles de Nortel et de Quebecor World. Nous avons d’autres secteurs très actifs comme le litige et le droit du travail.»

Norm Steinberg voit toutefois le soleil se pointer à l’horizon car des entreprises comme SNC-Lavalin, RONA et la Banque Royale recommencent à transiger sur les marchés des capitaux.

Le président d’Ogilvy Renault ne croit donc pas que la récession le forcera à faire des mises à pied. «Nous sommes toujours très prudents avec l’embauche de personnel et nos pratiques sont très diversifiées.»

Encore faut-il savoir comment planifier ses activités sans se tromper car les salaires représentent la plus grande dépense des cabinets. À cette fin, dit Me Steinberg, «les clients sont très impliqués quand vient le temps d’établir nos budgets. En leur parlant, je pense qu’on peut voir plus d’optimisme [que quand la crise a éclaté]. Nous sommes fiers d’avoir des liens très ouverts avec eux et de comprendre comment ils voient les prochains mois.»

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