Procès Norbourg: de gros noms oubliés
L'enquêteur en chef de la GRC, Yves Roussel, a dû expliquer dans un contre-interrogatoire serré pourquoi des acolytes de Vincent Lacroix étaient libres comme l'air au lieu d'être assis dans le box des accusés au procès Norbourg.
Parmi les « gros » noms ayant travaillé dans le giron de Norbourg qui ne figurent pas sur la liste des accusés, notons la soeur de Vincent, Stéphanie Lacroix, son conjoint David Cloutier, le cousin de Vincent Lacroix, David Simoneau ainsi que sa femme Kathleen Renou.
La liste des « chanceux » s'allonge avec Éric Asselin, (le bras droit de Vincent), Me Alain Dussault, (l'avocat de Norbourg), Philippe Terninck (un ancien vice-président de Norboug), Michel Fragasso (l'ex-patron des fonds Évolutions), Jean-Claude Scraire (ancien p.-d. g. de la Caisse de dépôt et placement du Québec) pour ne nommer que ceux-là.
Le policier Roussel, qui a rédigé un rapport sur Norbourg de plus de 850 pages, est convaincu d'une chose : « "Vincent Lacroix n'a pas posé les gestes criminels seul ». Du même souffle, il ajoute qu'il faut « des preuves légalement admissibles pour accuser une personne ». L'enquêteur d'expérience n'a pas nié qu'il avait de « gros » doutes sur l'implication de Me Dussault, par exemple. « Il savait manifestement quelque chose, mais avait-il une intention criminelle. Nous n'en sommes pas certains. Ce n'est pas parce que l'on retrouve un faux document dans l'ordinateur d'une personne que cette dernière avait des intentions criminelles », a-t-il dit.
Quant à Asselin, le témoin a précisé que le vice-président aux finances était devenu délateur et qu'il était passé aux aveux sur ses nombreux crimes, tels la fabrication de faux documents par une équipe de nuit.
« Il a fait l'objet de négos en échange de sa collaboration, mais n'eut été de sa participation, il serait peut-être assis à ma droite », a expliqué le policier en jetant un regard vers les cinq coaccusés.
Immunité
David Simoneau aussi a profité d'une immunité, lui qui a témoigné dans ce procès admettant sa participation à la falsification de documents qui est au coeur du stratagème ayant permis à Vincent Lacroix de flouer 9200 investisseurs de plus de 115 M$.
Or, Félicien Souka (l'informaticien), Serge Beugré (directeur général de Norbourg) Jean Cholette (comptable), Jean Renaud (ancien fonctionnaire au gouvernement) et Rémi Deschambault (vérificateur externe) font face à 722 chefs d'accusation variant de fraude à blanchiment d'argent en passant par fabrication de faux documents et complot. La peine maxi-male prévue au Code criminel est de 14 ans pour fraude et de 10 ans pour blanchiment et fabrication de faux.


