Affaires
Sagard hante le gouvernement
Le Journal de Québec
La visite du président de la Caisse de dépôt et placement du Québec à Sagard, au domaine du milliardaire Paul Desmarais, a mis le gouvernement dans l'embarras, hier, lors de la reprise des travaux parlementaires.
Le député péquiste Nicolas Marceau a signalé au ministre Raymond Bachand que la relation entre Michael Sabia et la famille Desmarais n'était peut-être pas désintéressée puisque la Caisse et Power Corporation, le holding financier des Desmarais, ont des intérêts communs dans plusieurs secteurs, notamment l'exploitation pétrolière.
" Les investissements de la caisse dans des sociétés actives dans le secteur des sables bitumineux sont deux fois plus importants que ceux faits dans des entreprises québécoises cotées en bourse. A-t-on discuté sables bitumineux à Sagard? ", s'est-il ouvertement interrogé.
Confiance
Comme il le martèle depuis deux semaines, le gouvernement libéral a dit ne rien voir de répréhensible dans les activités " sociales " de Michael Sabia à Sagard. " Nous avons confiance en M. Sabia ", a répété, hier, le ministre Bachand.
Ceux qui ont des questions à poser au patron de la Caisse sur ses visites à Sagard n'auront qu'à le faire lorsque la Caisse devra défendre ses dépenses et ses investissements en commission parlementaire, a-t-il renchéri.
Outre le grand patron de la Caisse de dépôt, le premier ministre Jean Charest a lui aussi admis avoir séjourné à plus d'une reprise à Sagard, en compagnie de son épouse, Michèle Dionne. " Chaque fois, c'était à l'occasion d'activités sociales, il y avait plusieurs centaines de personnes et je n'ai pas fait l'ob-jet de lobby", s'est-il défendu.
À la CAQ, on estime que le premier ministre Jean Charest devrait se soumettre lui-même au jugement du commissaire au lobbyisme.



