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Des Québécois floués en Floride?
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Des Québécois se seraient faits floués en tentant de louer un condo ou une maison mobile en Floride. Ils auraient perdu des milliers de dollars en tombant dans le piège d'une femme d'affaires d'origine québécoise, qui louerait des propriétés aux États-Unis depuis une dizaine d'années.
Serge Girard prétend avoir perdu 2200 $ dans cette mésaventure qui s'est amorcée il y a près d'un an. « C'est tellement humiliant! Je me suis fait embarquer comme un enfant par cette femme qui n'a même pas de licence pour louer des maisons en Floride », a dit M. Girard. (NDLR : les gens qui louent des propriétés en Floride doivent détenir une licence du Florida Department of Business Professionnel Regulation (DBPR) si la résidence ne leur appartient pas)
En avril 2011, le fonctionnaire à la retraite souhaitait louer un condo pour séjourner sous le soleil de la Floride au mois de mars 2012. Il est tombé sur une annonce placée par Francine Vandal dans le cadre de recherches sur internet.
M. Girard a contacté la femme d'affaires et ils ont commencé à échanger par courriel et au téléphone pour déterminer les besoins du voyageur. Mme Vandal lui a proposé huit copropriétés avant que le Québécois arrête son choix sur un condo, situé dans le complexe La Playa, au 1815 North Surf Road à Hollywood.
Le prix se chiffrait à 2500 $ pour l'ensemble du mois, mais la femme d'affaires lui aurait proposé de réduire la note à 2200 $ si le montant était acquitté en avril 2011. M. Girard a rapidement expédié une traite bancaire de ce montant.
Le rêve s'envole
Le rêve floridien du retraité québécois s'est évaporé à la fin janvier lorsque Mme Vandal lui a envoyé un courriel pour le prévenir qu'elle était dans l'obligation d'annuler sa réservation.
« On m'a diagnostiqué un grave cancer pour lequel je dois entreprendre des traitements immédiatement. Sur ordre de mon médecin et suivant les conseils de mon avocat, je dois cesser toutes activités professionnelles. […] Prenez note que votre dépôt vous sera rendu par la poste dès que toutes les sommes investies auront été perçues », pouvait-on lire dans le message daté du 12 janvier, mais envoyé le 25 janvier.
Près d'un mois s'est écoulé depuis cette communication et M. Girard n'a pas encore vu la couleur de son argent malgré plusieurs interventions auprès de Francine Vandal. « Elle multiplie les mensonges. Elle a affirmé à plusieurs reprises que l'argent était dans la poste alors que ce n'était pas le cas », a déploré M. Girard.
La présumée victime prétend qu'une trentaine de Québécois auraient été floués par Mme Vandal en 2011. Serge Girard croit qu'elle pourrait leur avoir dérobé quelques dizaines de milliers de dollars.
Et ce n'est pas tout! La représentante de la société d'investissement qui possède le condo que devait louer M. Lefebvre, HMN Investments, prétend n'avoir jamais entendu parler de Francine Vandal.
« Ça n'a aucun bon sens cette histoire-là! Je vais quand même me rendre en Floride en mars et dès que j'arrive je vais faire une plainte contre elle », a déclaré Serge Girard.
Serge Lefebvre a également perdu quelques milliers de dollars en faisant affaire avec Francine Vandal. Près de 4000 $ se sont évaporés après que sa réservation eut été annulée. L'homme devait séjourner tout le mois de mars dans un condo du complexe Eldorado, sur la 14e avenue à Hallandale, en compagnie de sa femme, de sa fille et de deux petits enfants.
Le dépôt de 850 $ versé en octobre 2011, correspondant à 50 % du prix de location, n'a pas été remboursé. Les cinq billets d'avion payés 2000 $ n'ont pas pu être remboursés comme le montant de 900 $ exigé pour la location d'une voiture.
« Son avocat m'a écrit le 15 février pour me dire que je serais remboursé, mais je ne crois pas que je reverrai mon argent», a affirmé M. Lefebvre. Il a trouvé une autre propriété pour séjourner en Floride, mais il devra se rendre en voiture puisqu'il a perdu les billets d'avion.
Stratagème connu
Le copropriétaire du journal « Le Soleil de la Floride », Me Louis Saint-Laurent II, connaît bien Francine Vandal. Lui et son associé ont cessé de publier ses annonces il y a six ans après avoir été inondés de plaintes de lecteurs.
« Elle prenait des dépôts à ses clients et ne livrait pas les appartements. Certains voyageurs se frappaient le nez à des condos ou des maisons mobiles déjà occupés », a-t-il dit.
D'autres clients de Francine Vandal, joints par Argent, ont affirmé attendre des remboursements depuis quelque temps. Certains pourraient entamer sous peu des procédures judiciaires.
Sur la défensive
Argent est parvenu à retracer Francine Vandal pour recueillir ses propos sur les allégations accusations dont elle fait l'objet. « Je suis une femme honnête. Je n'ai jamais eu l'intention de ne pas rembourser mes clients », a-t-elle affirmé lors d'un bref entretien téléphonique, avant de nous référer à son avocat.
Me Gary Cole confirme qu'il a été mandaté par Mme Vandal pour l'aider à fermer son entreprise en raison d'un problème de santé.
« Nous passons actuellement en revue les documents comptables de Francine Vandal. Nous anticipons être en mesure de rembourser les clients d'ici la fin de la première semaine du mois de mars », a indiqué l'avocat.
Avec la collaboration de Gérard Samet



