Le jeudi 23 février 2012

Affaires

Caisses de retraite: 26 milliards $ en déficit

22 décembre 2011 | 07h14
Agence QMI  
Les régimes de retraite sont tous déficitaires au Québec et ils présentent un impressionnant manque à gagner d'au moins 26 milliards $ pour 1300 fonds de pension dans le secteur privé et public.
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Annie Saint-Pierre
Agence QMI

Les régimes de retraite sont tous déficitaires au Québec et ils présentent un impressionnant manque à gagner d'au moins 26 milliards de dollars pour 1 300 fonds de pension dans le secteur privé et public.

 (Photo: Agence QMI)

Il s'agit d'une somme importante qui doit être renflouée par les employeurs dans les coffres de ces 1 300 fonds de pension au Québec, en vertu de la Loi sur les régimes complémentaires de retraite.

Les chiffres obtenus par Le Journal de Québec révèlent que les déficits actuariels étaient de 22 milliards de dollars au 31 décembre 2010 et ils ont plongé à 26 milliards, six mois plus tard, uniquement pour les régimes de retraite qui sont administrés par la Régie des rentes.

« On parle des régimes de retraite qui sont à prestations déterminées et qui sont surveillés par la Régie des rentes. Ce sont donc ceux des employés du secteur privé mais aussi des municipalités, des universités ou cégeps ainsi que d'Hydro-Québec », explique-t-il.

Par contre, le déficit actuariel global de 26 milliards $ des régimes québécois ne tient pas compte des fonds de retraite du gouvernement du Québec, des ouvriers de la construction et des autres régimes administrés par la Carra et qui sont aussi déficitaires.

Privé et public

Selon les estimations de la Régie des rentes, près des trois quarts des sommes manquantes dans ces fonds de pension doivent être remboursées par les employeurs du secteur privé, soit 17 milliards de dollars. Une bonne majorité sont des compagnies œuvrant dans la fabrication mais on retrouve aussi des commerces, des entreprises de services et des sociétés d'assurances.

Du côté du public, il manque 9 milliards de dollars, excluant les déficits des villes de Montréal et de Québec. Cette dernière a accumulé un manque à gagner de 659 millions de dollars dans ses programmes de retraite, a soulevé le maire Régis Labeaume, en déposant son budget, cette semaine.

Pas le seul

Pour l'actuaire Pierre Bergeron, le maire de Québec Régis Labeaume n'est donc pas le seul aux prises avec un problème de capitalisation des régimes de retraite de ses employés.

Selon lui, en plus de l'absence de rendement boursier, plusieurs facteurs expliquent les sommes à renflouer pour payer les retraites des travailleurs, autant des syndiqués que des cadres et tant dans les entreprises que dans les villes.

« Il faut tenir compte des déficits des anciennes villes mais n'oublions surtout pas le fait que les employeurs ont eu des congés de cotisations pendant des dizaines d'années, lorsqu'il y avait des surplus. Alors, aujourd'hui, on les force à rembourser », exprime l'actuaire.

Quant à la réflexion que souhaite entreprendre M. Labeaume sur le sujet en 2012, M. Bergeron note qu'il existe déjà un bon nombre d'experts mandatés par le gouvernement pour se pencher sur la question et que la Ville de Québec est déjà représentée sur un comité d'analyse du ministère des Affaires municipales.

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